Explication platon gorgias

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  • Publié le : 15 décembre 2010
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- préjugé : Littéralement, qui est "jugé avant". Se dit des croyances, des opinions préconçues qui empêchent d'avoir une vision rationnelle et objective des choses. Le préjugé à proprement parler est un jugement d'avant le jugement vrai. S'intéresser au pré-jugé, c'est donc par conséquent s'intéresser à la notion de jugement dès lors que le préjugé est une forme de jugement. Le jugement en tantque faculté de juger est d'abord une puissange qui permet de distinguer le vrai et le faux qui s'exerce bien ou mal selon l'usage qu'on en fait. Un préjugé c'est donc une idée reçue, une opinion qu'on croit fondée, réfléchie mais qui ne l'est pas. Le préjugé sous-tend souvent une coloration négative. Ainsi l'on dira, « il est bourré de préjugés. » Cependant, il semble nécessaire pour vivre des'appuyer au moins un temps sur les préjugés. Pensons ainsi à l'enfant qui ne peut faire l'économie de préjugés dès lors que la faculté de juger est en cours de formation. On jugerait ainsi nécessairement à partir de préjugés. La question de la lutte des préjugés apparaît comme nécessaire dès lors qu'elle serait constitutive du jugement.*

1° Eloge du préjugé
Le jugement réfléchi ne joue qu’un rôlesecondaire et limité dans nos conduites. Non seulement on ne peut pas en finir avec les préjugés, mais c’est un préjugé de croire que l’homme peut être un pur esprit sans convictions, intuitions, sentiments, donc sans préjugés.
Nos préjugés sont :
a) naturels : l’enfant préjuge que ses parents lui disent la vérité
b) nécessaires : il faut bien faire confiance en son médecin
c) indéracinables :les traditions, les coutumes…

Notre survie et notre adaptation exigent certains préjugés. Nous sommes bien contraints de croire ce que nous voyons quand nous traversons la rue, et généralement, nos sens ne nous trompent pas. De même, nous sommes conduits généralement à faire confiance aux autres. Je fais confiance aux commerçants chez qui je vais faire mes courses, au médecin chez qui je merends… Une vie de méfiance perpétuelle serait insupportable. Nous ne pouvons vivre en société que parce que nous nous appuyons mutuellement sur les informations que nous nous donnons les uns les autres.

2° L’impératif de se libérer des préjugés
Kant a résumé dans une formule célèbre l’esprit des Lumières : « Ose penser. Aie le courage de te servir de ton propre entendement ». Penser avec saraison, telle est la devise des Lumières. C’est la raison, toute-puissante, contre la tradition et les coutumes. En effet, depuis Descartes, la rationalité moderne se constitue surtout dans le rejet de la tradition, perçue comme un ensemble de préjugés irrationnels.

Des préjugés ne sont pas des pensées. Ils existent justement parce qu’ils n’ont pas été jugés : les préjugés ne témoignent pas d’unenature viciée, mais d’un jugement qui n’a pas été effectué. En finir avec les préjugés, c’est donc décider de bien juger. Supprimer les préjugés est une affaire de volonté et de méthode, c’est pourquoi le doute méthodique de Descartes pour trouver la vérité est un doute volontaire.
Tout homme est doté d’une « raison » que Descartes appelle aussi « bon sens », c’est-à-dire la capacité de comprendresuffisamment le monde pour se guider soi-même dans sa vie tant privée que publique. C’est cette faculté qui constitue la dignité de l’homme et permet de récuser le « sujet » de la monarchie dépendant et soumis, pour constituer le « citoyen » de la République, autonome et responsable. De son côté, l’attitude scientifique consiste à se défaire de ses propres opinions, à cesser d’adhérer aux véritésadmises par l’habitude.
Selon ce point de vue, l’homme serait capable, par sa raison, d’inventer la civilisation, de la construire selon un plan bien déterminé. C’est un rationalisme qui soutient que toutes les institutions humaines utiles sont et doivent être des créations délibérées de la raison consciente : du contrat social jusqu’à l’idée selon laquelle le droit est une création de l’État,...
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