Explications de textes: les foules ch; beaudelaire

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  • Publié le : 30 juin 2010
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1. Résumé
L’auteur démontre que le poète seul a la capacité de s’identifier à chacun des individus qui composent la foule tout en restant lui-même. Ce don, qui le rend supérieur aux puissants de ce monde, lui permet d’entrer en communion avec la totalité du genre humain et d’en tirer une force et une ivresse insoupçonnées.
2. « Qui ne sait pas... » (l. 8)
La phrase possède une alluresentencieuse : elle a recours au présent de vérité générale et utilise le relatif indéterminé qui fonctionne comme une généralisation de l’humain (« Q u i » = T o u t homme qui).
La phrase présente en outre un parallélisme de type anaphorique (« Qui ne sait pas » + infinitif / « ne sait pas non p l u s » + infinitif), ainsi qu’un parallélisme croisé (proche du chiasme) dans la série de termes : « peuplersa solitude » / « être seul dans une foule ». L’ensemble des parallélismes donne à la phrase son caractère apodictique.
3. Les procédés de l’argumentation dans le 3e paragraphe
Il convient, d’abord, de préciser que le propos de Baudelaire est centré très précisément sur le poète qui accède, en fait, à une sorte de pouvoir divin : celui de pouvoir être lui-même et tous les hommes et, finalement,d’être une conscience universelle ; cette idée audacieuse est exprimée de manière convaincante grâce à différents moyens :
– Baudelaire utilise toujours le présent de vérité générale tandis que le propos porte sur une catégorie saisie dans sa dimension générale, marquée par le déterminant défini 
( « Le poète ») ; ces deux procédés, comme dans l’analyse précédente, donnent à l’expressionle ton de la nécessité.
– Le caractère polymorphe du poète est marqué par une aisance et une maîtrise que traduisent certaines expressions : « à sa guise » ( l . 1 2 ) « quand il veut » (l. 13-14) « à ses yeux » (l. 16).
– L’opposition structurante qu’entretient l’unique avec le reste du monde : « lui-même » / « autrui » ; « lui seul » / « tout » ; « lui » / « certaines places ».
– L’imagecomparative : « Comme ces âmes errantes » ( l . 1 2 - 1 3 ), qui fonctionne avec sa valeur illustrative et qui montre la force de reviviscence de l’âme-poète en quête d’un corps-monde qui attend d’être fécondé.
– Enfin, au début du paragraphe, l’antéposition subjective de l’épithète ainsi que le haut degré impliqué dans le groupe nominal (« cet incomparable privilège ») s’ajoutent à la valeuremphatique du déterminant démonstratif pour signaler la force du propos.
4. « Cette sainte prostitution de l’âme »
Il s’agit d’une expression remarquable car les termes utilisés renvoient à deux références morales contradictoires, ce qui permet de parler d’alliance de termes ou d’oxymore.
En effet on peut considérer que « s a i n t e » relève de l’ordre du Bien, tandis que « p r o s t i t u t i o n» relève de son opposé, le Mal. Mais l’habileté de Baudelaire (il faudrait dire sa rouerie, son cynisme) est souvent de jouer sur ces catégories à la fois morales et religieuses ; de nombreux passages de ce texte présentent le même jeu d’oppositions, parfois à distance : par exemple l’opposition entre « jouissance fiévreuses » ( l . 2 0 - 2 1 ) et « c h a s t e » ( l . 4 0 ). Le poète transformeainsi, par la poésie, le mal en bien, le plomb en or...
5. Le champ lexical de la jouissance
Il est particulièrement bien représenté dans ce texte : « jouir (de la foule) » (l. 2), « ribote » (l. 3), « (le poète) jouit » (l.11), « ivresse » (l. 19), « jouissances fiévreuses » ( l . 2 0 - 2 1 ), « ineffable orgie » ( l . 2 7 - 2 8 ), « sainte prostitution » ( l . 2 8 ), « mystérieuses ivresses » (l.37).
Baudelaire considère clairement que la capacité du poète à être lui-même et un autre relève du plaisir physique, et même sexuel. Mais la supériorité de cette capacité « p o é t i q u e » sur le plaisir charnel, c’est qu’elle possède une dimension spirituelle – d’où la référence à l’amour, à « l’universelle communion » et à la « c h a r i t é ». Mais surtout elle fait du poète un être...
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