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  • Publié le : 20 mai 2010
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Le développement du langage chez l’enfant

Plusieurs approches de ce développement ont été en concurrence. Je m’attarderai sur celle qui est présente dans les textes officiels de l’école maternelle. On l’appellera l’approche interactionniste, dont Henri Wallon, Jérôme Bruner, Lev Vigotsky sont les principaux représentants, approche dans laquelle on parle d’actes de langage, de langage pourfaire. Les réponses au questionnaire sont imprégnées de cette perspective. L’approche interactionniste pose, d’abord, que l’enfant acquiert des actes de langage ; il n’acquiert le langage que quand il comprend que le langage sert à faire. Avant d’examiner ce point de vue, quelles étaient les approches antérieures ? Il y eut celle qui eut ses heures de gloire dans la pratique du « bain de langage »,approche comportementaliste ou behavioriste, selon laquelle l’enfant acquiert le langage par la production de réponses à des stimulations extérieures. C’est ne pas reconnaître la spécificité du langage, comme activité psychique complexe et le réduire à un simple comportement ; l’enfant, par ailleurs, ne sait pas qu’il apprend, par manque de détermination des compétences travaillées, des actes delangage en jeu. Le trait d’humour bien connu d’Alain Bentolila sur la noyade dans le bain de langage… montre, à l’évidence, les limites d’un apprentissage par imprégnation. Une autre approche, approche dite maturationniste, celle du linguiste Noam Chomsky parle du développement du langage, comme processus programmé à partir d’un dispositif inné, suivant un ordre fixe. La critique fut vive de cemodèle innéiste : il y a bien un ordre d’acquisition, un processus constant de développement, mais il se fait dans les échanges avec l’entourage, dans cette interaction ; le langage repose sur des dispositifs neurologiques innés, nécessitant une médiation culturelle et sociale. Autrement dit, l’interaction entre l’enfant et son environnement est le moteur de l’acquisition du langage ; on n’apprend pastout seul à construire son langage ; les apprentissages langagiers s’ancrent dans des situations de communication construites par les partenaires privilégiés de l’enfant. On parle d’approche communicationnelle du langage, compétences communicationnelles dont se font écho les instructions officielles et vos réponses aux questionnaires. On n’apprend pas des mots, on n’apprend pas des structuressyntaxiques ; on apprend des conduites langagières, un répertoire de conduites langagières (demander, désigner, raconter…). Le langage est vécu par l’enfant comme langage pour faire ; ce sont des actes de langage, comme demander, montrer, refuser…; ce qui signifie que l’enfant se rend compte qu’il peut faire des choses avec des mots. Trois fonctions du langage apparaissent successivement, fonctionsdont les nouveaux 1

programmes prennent acte : la fonction interactive, qui met le sujet en relation avec l’autre, dans des actes de parole, tels que : demander, ordonner, accepter… ; la fonction référentielle : montrer raconter… ; la fonction métalinguistique (parler sur le langage) : expliquer, commenter, argumenter, fonction qui se développe, plus particulièrement à l’école. La fonctioninteractive est la première ; elle est celle qui est motrice de toutes les autres acquisitions langagières. En classe, il semble important de privilégier l’axe

communicationnel. Les caractéristiques du développement du langage ne prennent tout leur sens qu’en lien avec la communication prélinguistique : avant le langage, il y a la communication prélangagière, communication mimique, communicationgestuelle. Ces situations de communication non verbale sont de toute première importance pour l’acquisition du langage, de la communication verbale. Comment passe-t-on de l’une à l’autre ? Les travaux de Jérôme Bruner nous livrent leurs enseignements. La communication non verbale doit être bonne pour que la communication linguistique s’installe ; les quatre vecteurs des échanges non langagiers sont...
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