Fable

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  • Publié le : 3 janvier 2011
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Il faut, autant qu'on peut, obliger tout le monde :
On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
De cette vérité deux fables feront foi,
Tant la chose en preuves abonde.Entre les pattes d'un Lion,
Un Rat sortit de terre assez à l'étourdie.
Le Roi des animaux, en cette occasion,
Montra ce qu'il était, et lui donna la vie.
Ce bienfait ne fut pasperdu.
Quelqu'un aurait-il jamais cru
Qu'un Lion d'un Rat eût affaire (1)?
Cependant il avint(2)qu'au sortir des forêts
Ce Lion fut pris dans des rets (3),Dont ses rugissements ne le purent défaire.
Sire Rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu'une maille rongée emporta tout l'ouvrage.
Patience et longueur de tempsFont plus que force ni que rage.

L'autre exemple est tiré d'Animaux plus petits.
Le long d'un clair ruisseau buvait une Colombe,
Quand sur l'eau se penchant une Fourmis y tombe ;
Et dans cet océanl'on eût vu la Fourmis
S'efforcer, mais en vain, de regagner la rive.
La Colombe aussitôt usa de charité ;
Un brin d'herbe dans l'eau par elle étant jeté,
Ce fut un promontoire où la Fourmisarrive.
Elle se sauve ; et là-dessus
Passe un certain Croquant (1) qui marchait les pieds nus.
Ce Croquant par hasard avait une arbalète.
Dès qu'il voit l'Oiseau de Vénus(2),
Il le croit en son pot, et déjà lui fait fête.
Tandis qu'à le tuer mon villageois s'apprête,
La Fourmis le pique au talon.
..............Le Vilain retourne la tête.
La Colombel'entend, part, et tire de long (3).
Le soupé du Croquant avec elle s'envole :
..............Point de Pigeon pour une obole (4)

(*) La source est Ésope, traduite du grec
en latin dans le recueilde Nevelet (1610).
Marot avait déjà utilisé cet apologue pour
écrire "Épître à Lyon Jamet". La Fontaine
qui admirait beaucoup Marot a utilisé cet
écrit pour écrire sa fable, en le "ressérant"...
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