Fabrication de l'information

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  • Publié le : 20 mars 2011
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La fabrication de l’information : Les journalistes et l’idéologie de la communication Florence Aubenas & Miguel Benasayag (Sur le Vif, La Découverte, Paris, 1999)
Florence Aubenas est reporter au Nouvel Observateur et Miguel Benasayag philosophe et psychanalyste. Il anime également le collectif « Malgré tout ». Ensemble, ils ont déjà publié Résister, c’est créer aux éditions la Découverte en2002. « Après avoir longtemps cru qu’une chose est vrai « parce qu’elle est écrite dans le journal », la conviction populaire s’est inversée». Voici une phrase bien lourde de sens pour introduire cet essai sur la fabrique de l’information. Aujourd’hui les médias sont en train de subir un profond bouleversement. La presse n’est plus perçue seulement comme une entité révélant les grands scandales de laplanète et la transparence devient une notion clé dans les sociétés actuelles. Il est 20h, dans le monde entier, tout le monde se regroupe au même moment devant son téléviseur pour suivre l’actualité. Cependant qui décide de l’information qui va être traitée, de ce qui est important et ce qui ne l’est pas. D’un bout à l’autre de la planète tous les journaux télévisés traitent les mêmes sujetsavec une importance plus ou moins similaire. Le système de presse vie dans ce que l’on pourrait appeler un « monde unique ». Pour marquer leur singularité, les journalistes sont donc perpétuellement en quête de personnage, à la recherche du passant lambda qui va leur permettre de construire et de mettre en scène l’histoire qu’ils veulent écrire. Les gens sont rangés dans des cases : les chômeurs, lesRMIstes, les banlieusards, les politiciens… et les journalistes n’ont plus qu’à piocher ceux qui correspondront le mieux à leur sujet pour créer ce qu’ils appellent « l’illusion ». Le philosophe Louis Althusser parlait d’idéologie «quand les réponses précèdent les questions ». Aujourd’hui les journalistes trichent et manipulent l’information pour faire voir et appuyer leur message en lui donnantplus de poids. On ne joue plus avec le fond mais avec la forme car « pour que le monde soit crédible il doit ressembler à de la fiction ». Face à la presse les gens ont aussi des réactions formatées : ils savent instinctivement comment se comporter s’ils veulent passer à la télé. Lors d’une interview, le journaliste sait par avance les réponses qu’il attend de son personnage et les gens rentredans des moules stéréotypés afin de sortir de l’ombre et d’acquérir la reconnaissance et le respect de ses paires pour son passage dans le monde des « visibles ». Devant le nombre important d’évènement qui occurrent quotidiennement, les journalistes doivent faire un choix pour sélectionner les plus importants. On parle d’évènement lorsqu’il y a une rupture avec la norme en vigueur. Pour cela ilss’appuient sur un théorème très simple celui de la proximité : « il faut diviser le nombre de morts par la distance en kilomètres entre le lieu de l’événement et le siège du journal pour trouver la taille de l’article à publier ». Il y a donc une limite entre objectivité et subjectivité. Qu’est ce qui est réellement important et aux yeux de qui ? Le monde se partage autour d’une notion clé, celle del’insécurité. Le sentiment de peur structure donc l’information, attise la curiosité et les journalistes jouent avec les mots et les adjectifs pour amplifier le sentiment d’insécurité chez leurs lecteurs. Selon la loi journalistique des W : When ? Why ? Where ? Who ? Les faits doivent être relatés le plus précisément possible. Le journaliste ne doit jamais ne pas savoir. Il a donc réponse à l’ensembledes

questions de l’actualité. Il utilise ainsi des « simulacres » pour contourner les difficultés du réel, les faits sans explications ou inexplicables. Le journaliste avait jusqu'à maintenant une confiance absolue envers ce qu’il voyait de ces yeux. Cependant après que la presse fût manipulée sur les charniers de Timisoara en Roumanie, elle est devenue méfiante et essaie de se protéger...
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