Facteurs de risque et de protection selon l'approche ecosystémique

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  • Publié le : 25 mars 2011
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L’approche écosystémique considère l’individu au cœur d’un système hétérogène et complexe, constitué de relations, de contraintes, de règles implicites et explicites. Selon cette approche, un facteur dit de risque peut être un facteur de protection ; c’est son degré d’intensité d’une part, et son rôle et les modalité d’interaction avec d’autres facteurs à l’intérieur de la dynamique du systèmed’autre part qui permettront de mesurer sa valeur de risque ou de protection.
Trois grandes catégories de facteurs de risque et de protection peuvent être définies.

La première catégorie concerne les caractéristiques individuelles de l’enfant et de l’adolescent, qu’elles soient génétiques ou acquises, psychologiques et socio-affectives. Cela correspond à ce qui touche à l’enfant lui-même, commepar exemple sa santé, son développement, mais aussi son estime de lui, sa confiance en lui, ou encore ses facultés intellectuelles.
L’exemple présenté par Jean-Yves Chagnon, psychologue-psychanalyste, de Stéphane, âgé de 10 ans et souffrant d’une dyslexie illustre bien la caractéristique « confiance en soi » en tant que facteur de risque. En effet, le bilan psychologique de Stéphane met enévidence un grand manque de confiance en lui, ainsi qu’une mésestime de lui-même ; il apparait clairement que ces facteurs ont, entre autre, contribué à une inhibition, une désorganisation de sa pensée, ainsi qu’une incapacité dépressive, entrainant ainsi des difficultés réelles dans ses capacités à lire et à écrire, et donnant naissance à une dyslexie.
C’est à la suite d’un important travailthérapeutique mettant en partie l’accent sur l’amélioration de son estime de lui, de sa confiance en lui par la revalorisation de ses capacités et de ses compétences, ainsi que la transformation de sa peur de l’échec que Stéphane a pu être guéri de sa dyslexie. La caractéristique « estime de soi », est alors considéré comme un facteur de protection, dans le sens ou il a favorisé la cessation du symptôme.La seconde catégorie est représentée par le système familial et les caractéristiques liées aux parents. L’importance d’une sphère familiale équilibrée, stable et sécurisante constitue une base nécessaire au bon développement de l’enfant. Lorsqu’un ou plusieurs évènements traumatisants interviennent dans son environnement familial, son développement psychologique peut être altéré. Prenons lecas d’une enfant de 3 ans, Betty, vivant avec l’un de ses parents, souffrant d’alcoolisme. La monoparentalité d’une part et le trouble pathologique de l’alcoolisme de la mère d’autre part constituent deux facteurs de risque pour Betty. En effet, Betty subit de plein fouet l’affection de sa mère, et ressent pleinement son désespoir ainsi que sa souffrance. En outre, cette fillette de 3 ans peut setrouver totalement démunie et se sentir coupable voir responsable vis-à-vis de sa mère. Le fait qu’elle soit seule avec elle, et donc n’ayant pas d’autre repère parental stable vers qui se tourner aggrave la situation. Les conséquences peuvent être variées et nombreuses ; une des hypothèses serait que Betty se croit dans l’obligation de « guérir » sa mère, et inhiberait en grande partie sa partd’enfant, afin de devenir plus grande et forte, et son estime d’elle-même pourrait être fortement diminué. Elle développerait également une relation fusionnelle avec sa mère, et sa propre identité pourrait en pâtir fortement. Dans une autre hypothèse, Betty pourrait se protéger de cet environnement délétère en se retranchant dans un monde à elle, plus sécurisant, et serait ainsi susceptible dedévelopper des troubles psychotiques.
Heureusement, d’autres facteurs peuvent aussi entrer en jeu et amenuiser les traumatismes engendrés par cette situation ; Imaginons que la mère de Betty décide de se prendre en charge médicalement et psychologiquement, et que Betty n’ait plus ou presque plus à subir la souffrance de sa mère. Et rajoutons aussi l’intervention d’un tiers, représenté par une...
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