Fannie mae & freddie mac

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  • Publié le : 17 avril 2011
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Fannie Mae et Freddie Mac : précurseurs de la crise malgré eux
L’histoire remonte aux années trente, lorsqu’intervint un événement très déterminant pour la suite de la vie économique aux Etats-Unis. Quelques années après le déclenchement de la crise de 1929, le président américain Franklin Roosevelt lança le New Deal (littéralement « la Nouvelle Donne »). Cette politique était censée faireintervenir massivement l’Etat dans l’économie, afin de la redynamiser. C’est dans cette optique que fut créée en 1938 l’entreprise Fannie Mae (Federal National Mortgage Association), publique à l’époque. Cette dernière avait pour but d’accélérer le développement du marché du crédit immobilier. Elle rachetait aux banques les crédits qu’elles avaient consentis aux Américains, à une condition : que cescrédits soient les moins risqués possibles, en d’autres termes que leur probabilité de remboursement, sans pour autant être certaine, soit excellente. Ainsi les banques, en vendant leurs créances, renonçaient à toucher les intérêts liés, mais se débarrassaient aussi des risques inhérents, en l’occurrence les risques de contrepartie, de taux et de liquidité.
Pourquoi Fannie Mae pouvait-elle cependantaccepter d’endosser les risques encourus par les banques ? La réponse est simple. Fannie Mae était une immense entreprise, alors que les banques américaines étaient relativement petites. Or, il existe une règle d’or en finance : ne jamais mettre ses œufs dans le même panier. Plus une institution financière est grande, plus elle peut disposer d’un grand nombre de paniers, et, en théorie, moins lerisque qu’elle court est élevé.
Pendant de nombreuses années, tout se déroula comme prévu : les ménages s’endettaient pour acheter un logement, Fannie Mae rachetait aux banques de plus en plus de crédits – si bien qu’elle fut privatisée en 1968, car les prêts qu’elle avait rachetés commençaient à peser sérieusement sur la dette de l’Etat américain –, le marché du financement du logementgrossissait à vue d’œil. Le gouvernement continua de se porter garant vis-à-vis de Fannie Mae, ce qui a fait qu’elle ne présentait presque aucun risque pour ses créanciers. Dans ces conditions, elle pouvait, entre autres, emprunter à des taux particulièrement bas.
La même année de la privatisation de Fannie Mae, l’Etat américain créa Ginnie Mae (Government National Mortgage Association), afin deconserver un pied dans le marché du crédit au logement. Ginnie Mae était chargée de gérer les crédits immobiliers garantis par l’Etat ; ce dernier se portait en effet caution pour que les ménages les plus vulnérables au plan économique puissent souscrire des crédits. Mais en 1970, Ginnie Mae innova en inventant des titres conçus à partir de créances immobilières qui, la plupart du temps, étaient denature hypothécaire. Ces fameuses créances pouvaient ainsi passer de main en main. Les remboursements des ménages qui s’étaient initialement endettés revenaient en fin de compte à ceux qui achetaient ces titres : Ginnie Mae avait inventé la « titrisation » !
Pendant ce temps, Fannie Mae, qui était alors privatisée, se spécialisa dans le rachat des crédits non garantis par l’Etat. Et en 1970 fut crééeune autre société, Freddie Mac (Federal Home Loan Mortgage Corporation), dont l’objectif était d’exercer une saine concurrence face à Fannie Mae. Cette nouvelle entité tira tout de suite profit de l’innovation de Ginnie Mae et se lança aussi dans la titrisation, mais à partir de crédits immobiliers classiques (pas forcément garantis par l’Etat). Ainsi, une personne possédant des revenusconfortables qui souhaitait acquérir un bien n’était pas éligible à la garantie de l’Etat. Sa banque vendait donc ses créances à Fannie Mae ou Freddie Mac. Ce dispositif apparemment astucieux, conçu avec les meilleurs intentions du monde, posa les fondations de l’effondrement du système financier américain près de quarante ans plus loin. L’explication de cet état de fait est nécessaire pour bien...
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