Faut-il avoir peur d'un euro fort?

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  • Publié le : 26 avril 2011
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Faut-il avoir peur d’un euro fort ?

Crise sur les places financières mondiales, prix alimentaires et pétroliers au sommet, inflation… Les affaires monétaires font la une de nos journaux. Sur le marché des changes, l’euro maintient pourtant son cap, renforçant sa position par rapport à un dollar plutôt faible. Mais un euro fort est-il bénéfique ? Ou rend-il la crise encore plus difficile pourles pays de la zone euro ?
Lorsque l’euro a été introduit, en 1999, il est alors présenté comme le garant d’une plus grande stabilité et d’une prospérité accrue pour le vieux continent. Aujourd’hui, l’enthousiasme qui a suivi le passage à la monnaie unique a fait place à la déception : nombre d’européens ont la nostalgie de leur monnaie nationale. Les politiques s’en prennent régulièrement à laforce de l’euro qui est portée en bouc émissaire de maux dont souffrent plusieurs économies européennes en mal de croissance. Il convient néanmoins de modérer ce constat alarmiste en revenant sur les forces et les faiblesses de la monnaie unique.

I. L’euro fort, une aubaine ?
En réalité, la hausse de l’euro est surtout une baisse du dollar.
Pour les Etats-Unis, maintenir la croissance estplus important que maintenir la monnaie. Ils mènent donc une politique du dollar faible. Le dollar sous-évalué est même l’essence de la politique monétaire américain, car un dollar sous-évalué permet aux Etats-Unis de couvrir leurs problèmes financiers.
Mais la raison essentielle de la baisse du dollar est le financement de la consommation américaine, les Américains achetant des produits en Chine,lesquels sont souvent fabriqués par des entreprises américaines délocalisées. Pendant ce temps les Chinois sont très attentifs à ne pas casser leur expansion, et maintenir à cet effet une parité à peu près constante avec le dollar. C’est donc une dynamique industrie-consommation-échanges qui fixe la parité dollar/yuan. L’euro lui, n’a rien à dire.
Un atout pour les importations
Au niveau desavantages, un premier réside dans l’amélioration des termes de l’échange pour la zone euro. Le cours des principales matières premières étant libellé en dollars, l’Europe a fortement réduit le coût de ses approvisionnements ces dernières années. L’incidence sur l’économie européenne des hausses répétées du cours du pétrole brut entre 2003 et 2006 a ainsi été largement limitée par la force de l’euro.Un atout pour l’investissement
Un deuxième avantage est qu’un euro fort crée des « anticipations positives sur l’évolution des conditions monétaires dans la zone euro et sur l’évolution des taux de change moyen de l’euro face au dollar ». Cela se traduit par un niveau général des taux d’intérêt dans la zone euro inférieur à ceux de la zone en dollars et rend par conséquent l’environnementeuropéen plus propice aux investissements. En résumé, un euro fort est plus profitable pour les investisseurs étrangers. Pour certains, l’euro fort crée ainsi une dynamique positive où faible taux d’intérêt, épargne libérée et anticipation à l’amélioration des termes de l’échange favorisent les investissements et donc la croissance.
L’euro, futur monnaie de réserve mondiale ?
Enfin, la dégringolade dubillet vert face à l’euro rend ce dernier attractif pour nombre de pays à la recherche de placements de précaution et s’avère par conséquent favorable à l’investissement dans la zone euro. Par ailleurs, un euro fort et stable concourrait sur le long terme à son utilisation comme monnaie de réserve et d’échange au niveau international (rôle qui est actuellement joué par le dollar), ce quilimiterait les fluctuations des coûts des approvisionnements énergétiques et serait donc profitable à la zone euro.
Néanmoins, nous n’en sommes pas encore à ce stade. Le dollar resterait ainsi jusqu’à présent la monnaie de réserve mondiale (65%). Certes, la part de l’euro dans les réserves des banques centrales a augmenté ces dernières années (25%), mais cela serait dû essentiellement à l’appréciation...
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