Faut-il craindre la machine ?

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  • Publié le : 2 janvier 2011
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- INTRODUCTION
L’essor industriel sans cesse croissant et l’expansion économique reposent essentiellement sur le développement des machines et leur modernisation constante. Mues par des puissances et des forces de la nature, la machine semble libérer l’homme de ses contraintes matérielles en travaillant pour lui. Pourtant, le développement poussé des techniques rend l’homme dépendant voireinutile. De plus, l’automatisation suscite l’admiration mais aussi la crainte d’une perte de contrôle de l’homme sur sa création.
Les machines sont-elles les clés indispensables d’un progrès industriel et social, ou déshumanisent-elles le monde qui nous entoure, par leur fonctionnement? En définitive, faut-il redouter les machines?

Alors que l’outil est lié à la main et au travail musculaire, lamachine utilise différentes formes d’énergie et a un fonctionnement autonome. Avec l’outil, l’homme agit sur la nature, avec la machine, il l’utilise. La machine peut se révéler être une cause de diminution de dépense pour l’homme et l’aider dans les tâches pénibles et ardues de son travail. L’ancienne organisation du travail engendrait des inégalités sociales et rendait le labeur humainparticulièrement difficile. C’est pourquoi il ne faut pas idéaliser l’image du monde d’artisans, maîtres de leur travail, et considérer les machines comme pouvant alléger considérablement la pénibilité physique de leur métier. Comme le dit Hegel, "Dans la machine, l’homme supprime même cette activité formelle qui est sienne, et fait complètement travailler cette machine pour lui". Hegel fait donc ladifférence entre "forme" et "matière": la forme est l’activité qui vient de l’homme, quand à la matière, c’est la nature de l’instrument. L’homme fait preuve de ruse pour utiliser des forces externes à son profit. Le développement intensif des machines se traduit alors par une transformation du travail et une augmentation de la production.
Mais c’est justement dans leur principe que les machines serévèlent dangereuses. En remplaçant l’homme dans ses tâches ardues, et en rendant ses qualifications inutiles, la machine rend l’homme inutile. Émile Zola fait le constat de cet état de fait dans "La terre": "Des paysans qui sont des mécaniciens, un peloton d’ouvriers suivant à cheval chaque machine, prêt à descendre serrer un écrou, changer un boulon [...]". Le paysan n’est plus dépendant de ses mainsmais du mécanisme de la machine et de son fonctionnement. Son travail de la terre est totalement évincé et il se cantonne dans un rôle de "vérificateur". La machine ayant une autonomie quasi-complète, l’homme devient alors inutile; de surcroît, l’augmentation de la productivité entraîne souvent une mévente et le surplus est gâché, d’où l’implication fréquente de la machine au chômage. C’est ainsi queles phénomènes de luddisme se sont multipliés au XIX° siècle, les ouvriers accusant les machines de les priver d’emploi. Un épisode célèbre de ce "courant anti-emploi" est la révolte des Canuts de Lyon qui détruisirent des métiers à tisser mécaniques qui les auraient mis au chômage.

Mais plus encore que de priver l’homme de travail, la machine supprime la connaissance qui est à sa base. Letravail se dévalorise et perd de sa réflexion. En utilisant une calculatrice, le mathématicien ne fait qu’appuyer sur des touches, il n’utilise pas la connaissance scientifique qui est à l’origine des opérations faites par la machine. Il en ressort une perte progressive de savoir et une destruction de la réflexion.
La crainte des machines est paradoxale car elle signifie que l’homme craint sapropre création et cela remet en cause sa maîtrise sur ce qu’il produit. Bien des romans d’anticipation ont pour thème la machine incontrôlable qui prend son autonomie et sa propre volonté pour tuer ou détruire. Dans Blade Runner, de Phillip K. Dick, les "répliquants" sont des androïdes, programmes pour exécuter des travaux ardus et des corvées, et par une erreur de système, ils se mettent à...
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