Faut-il etre vertueux pour etre heureux ?

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  • Publié le : 3 janvier 2011
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Faut-il être vertueux pour être heureux ?

Le mot heureux renvoie au bonheur et l’adjectif vertueux renvoie à la vertu. C’est donc du lien entre moralité, ou devoir moral, et bonheur dont il est ici question.
Le bonheur semble d’abord être ce que recherche au plus haut point tout hommes. C’est ce qu’énonce Platon dans Euthydème lorsqu’il demande : « N’est il vrai que, nous autres, Hommes,désirons tous être heureux ? ». Toutefois, qu’est ce que le bonheur ? Dans l’Ethique à Nicomaque, Aristote souligne que tous s’accordent pour dire que le bonheur, la vie heureuse, est une vie de plaisir. Cette définition qui fait correspondre le bonheur au plaisir porte un nom : il s’agit de la définition hédoniste du bonheur. Or, cette définition ne va pas de soi :
- D’abord parce qu’une viefaite de plaisir serait nécessairement marquée d’incomplétude. Or, le bonheur correspond à un état de satisfaction complète qui se caractérise par sa stabilité.
- Par ailleurs, une vie faite de plaisir serait une vie de contrainte. Or, il ne semble pas qu’il y ait de bonheur possible sans liberté, plus encore, il ne semble pas qu’il y ait de liberté possible sans vertu. Autrement dit, laliberté irait de pair avec la morale.
D’où une seconde définition du bonheur, il s’agit de la définition eudémoniste.

I – Bonheur et plaisir
Dans le Gorgias de Platon, la thèse de Calliclès est nette : la vie heureuse réside dans l’incontinence, dans l’assouvissement de tous les désirs. Le bonheur se trouve dans la sensualité, dans la licence, dans la concupiscence, bref, dans la liberté sansréserve. Le reste n’est que futilité. Il faut, autrement dit, aux passions la plénitude de l’assouvissement. Le bonheur se résumerait-il à une vie de jouissance incessante ? Pourtant, cette thèse pose problème. En effet, une telle vie de jouissance nécessite l’incessante recherche de plaisir, la recherche continue de satisfaction de tout les désire.
Or, Socrate comparera cette existence sans frein,jamais vraiment assouvie, à l’activité des Danaïdes. L’image du tonneau percé s’applique bien au désir, car le désir naît d’un manque, de sorte qu’il est lié à la souffrance. Ainsi, celui qui recherche la satisfaction de tous ses désirs serait non seulement un être en souffrance, mais aussi jamais en paix. Ce serait là plutôt la définition d’une vie asservie à une tyrannie des désirs.
Pourjustifier une telle position, il faut préciser l’origine des désirs. Pour se faire, un détour préalable par l’étude de l’âme humaine s’impose. Dans Phèdre de Platon, Socrate, sous la forme d’une métaphore filé ou d’une allégorie, compare l’âme humaine à un attelage, a un char, tiré par deux chevaux et dirigé par un cocher. Des deux chevaux, l’un – le noir – est rebelle, rétif, n’obéit pas, il estcapricieux et suit systématiquement tout les désire qui le traverse : il s’abandonne à sa fantaisie et risque à tout moment de renverser le char. L’autre cheval veut bien faire sans savoir comment, mais il va droit, tire en avant et est soucieux de maintenir l’attelage. Le cocher incarne celui qui sait où l’attelage doit se rendre : il a une fonction pondératrice. Il dompte le premier cheval et dirige lesecond. Il a pour tache d’imposer sa direction.
Ce que Platon cherche à montrer par cette comparaison, c’est d’abord que l’âme n’est pas quelque chose d’unique, mais qu’elle est une réalité constituée de trois parties dont chacune a sa fonction propre. On parlera alors de la tripartition platonicienne de l’âme. Selon Platon, l’âme est composée d’une première partie profondément enfoncée dans lecorps et qui est de l’ordre des pulsions, des besoins, des désirs : il s’agit de ce que Platon appelle l’ « âme désirante » ; sa fonction est de désirer, plus, de satisfaire ses désirs. Platon précise que cette partie de l’âme est située dans le ventre.
A l’ « âme désirante » s’oppose l’  « âme raisonnante » dont le siège corporel est la tête. Son rôle est de calculer, de prévoir, c'est à...
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