Faut il toujour obeir aux lois

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  • Publié le : 13 octobre 2010
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Doit-on obéir aux lois ? Il y a quelques années, ma réponse à cette question était très indulgente : Si obéir aux lois vous fait plaisir, si vous avez l’impression que cette soumission favorise votre épanouissement personnel, il ne faut pas vous priver. Soyez respectueux des lois de votre pays.
Je dois ajouter qu’en ce qui me concerne, l’obéissance aux lois ne m’apporte aucune satisfaction. Aucontraire. Pour la plupart, les lois de mon pays et de ceux où j’ai résidé me paraissent arbitraires, stupides, contradictoires, humiliantes pour ceux auxquels elles s’appliquent et singulièrement partiales en faveur de ceux qui les font.
Mais enfin, pensais-je à l’époque, s’il y en a à qui ça convient d’être asservis, qu’ils le soient ; tout ce que je leur demande est de me laisser tranquille.Aujourd’hui, mon point de vue a changé. La tolérance envers ceux qui se soumettent aux lois ne me paraît plus une position moralement défendable. C’est l’évolution de ma réflexion à ce sujet que je voudrais partager avec vous ce soir.
Dans notre quotidien, nous en faisons tous l’expérience, nous sommes tenus de nous plier à une série de règles. Je vous suggère de les classer en 4 catégories.1. Les morales, comme celles que nous proposent d’anciennes sagesses, des religions, des philosophies, mais pas seulement elles
2. Les contrats, qui créent des obligations entre les parties, et ces formes particulières de contrats que sont les règlements des différentes associations, au sein desquelles nous passons la plus grande partie de notre vie, que ce soit une entreprise, un clubsportif ou de bridge, ou une co-propriété d’immeuble
3. Le Droit, qui est comme la trame de fond de tous ces contrats et règlements
4. Et enfin, la législation des différents pays
Chacun de ces ensembles de règles remplit une fonction différente.
1.  Les morales
Une morale est comme notre législation personnelle. Nous effectuons des choix en fonction de nos valeurs et nous établissons unehiérarchie entre ces valeurs. Le désir d’argent ou de pouvoir polarise l’activité de certains, d’autres trouvent leur vocation dans la famille, la culture, la spiritualité… Nous ne faisons pas l’économie d’une morale, même si elle est souvent lourde d’exigences, car nous avons conscience que notre existence, à l’instar de tout système, doit être organisée selon des lois. Sans elles, nous vivrionsdans la dissipation, de même que trop de rigidité dans leur application nous ferait manquer tout ce que la vie dans son imagination nous offre de chances.
Une longue tradition de sagesses nous est transmise pour nous aider dans nos choix de vie. Les familles d’abord en sont les vecteurs, mais aussi de façon plus élaborée, les églises et la philosophie. Aucune de ces traditions, ne s’estdéveloppée en vase clos.  Toutes se sont enrichies de la rencontre avec d’autres sagesses (le christianisme juif avec la philosophie grecque, le bouddhisme avec les cultures d’Extrême-Orient…), et cette fertilisation croisée ne cesse de s’accélérer. Une poignée seulement d’européens avaient eu l’occasion de suivre l’enseignement d’un gourou indien ou de maîtres soufis avant le 19ème siècle, peu aujourd’huiéchappent à l’influence de sagesses venues d’ailleurs.
Le dialogue avec de multiples traditions nous aide à prendre conscience de ce que pourrait être la « bonne vie ». Les grecs l’appelaient  eudaimonia et elle était pour Socrate une existence consciente, réfléchie, intégrée à la Cité. Les chrétiens, eux, nous parlent d’une toute autre « bonne vie » que celle idéalisée par les grecs, unpèlerinage terrestre illuminé par l’amour pour le Christ. Et celle-là même n’est pas non plus la vie libérée des passions et des entraves terrestres à laquelle aspirent les bouddhistes, ni celle des humanistes, des objectivistes (et finalement aucune n’est la course quotidienne des travailleurs/consommateurs endettés et stressés que mène la majorité de nos contemporains).
La Vérité ne donne aucun...
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