Faut il tuer les vieux

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  • Publié le : 20 avril 2010
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La vieillesse peut se définir comme la dernière étape normale de la vie. Le vieillissement se caractérise par une évolution inéluctable et universelle. Cette réalité biologique se traduit par une usure, une incapacité relative et plus ou moins tardive.
Quand commence t on à être vieux ? N’est ce pas dès la naissance puisque l’on vieillit chaque jour. Parle-t-on d’état physique ou est-ce l’idéeque l’on s’en fait.
Il peut coexister deux visions selon comment l’on perçoit cette étape. L’ancêtre sera signe de savoir, de sagesse. Le vieux, vieillard, au contraire marquent plus souvent la faiblesse. Cette différenciation doit être éclairée car elle motive la place des « vieux » ou plus exactement leur non-place. En effet, garde t-on un produit inutile ? On s’en débarrasse !!
Si la questionse pose, elle n’en est pas moins résolue car qu’en est-il de l’éthique, de la dignité et des limites.

Platon tient les vieillards en haute estime. Dans « La république », après de longues années d’apprentissage, et « lorsqu’ils auront atteint l’âge de cinquante ans » les vieux auront comlété le « bien en soi » et pourront s’en servir comme modèle pour « régler la cité ». En retour la cité lesvénérera pour leur sagesse.
Jacques Le Goff écrit : « La vérité est le secret transmis de génération en génération, légué par un « sage » à celui qu’il a jugé digne de ce dépôt, diffusé par ouï-dire plus encore que par écrit ». Il y a donc une relative assimilation de l’âge avec la sagesse. Le temps passant, l’expérience s’accumule. Cet acquis donne une référence. La vieillesse se trouveidentifié comme un âge de référence en raison de la plus grande proximité des vieillards aux ancêtres et au passé. Les vieux sont des pierres et des monuments, des arbres tutélaires, des âmes sculptées par le temps. Les vieux sont des témoins principaux. Ils représentent le temps passé et ce sont eux, l'histoire. Le vieux est le sage, le modèle à atteindre. Il détient le savoir et l’autorité. Cetteconception de la vie fait de la vieillesse une période enviable.

L’avis du vieux, du sage, autorisé par l’expérience, est il toujours suffisant pour justifier la prise en charge par le groupe d’une bouche supplémentaire à nourrir ?

« Si les bébés sont charmants parce qu’ils sont la vie naissante, si nous désirons rencontrer ceux que nous admirons et si nous nous efforçons de leur ressembler, àl’inverse, nous ne voulons pas voir ceux avec lesquels nous ne souhaitons avoir aucun point commun parce qu’ils nous dégoûtent ou nous font peur. Les vieillards n’ont pas de charme et ils sentent la mort, il n’est pas question de les aimer. Au contraire en ce qui les concerne la haine n’est pas loin ». Ainsi s’exprime le Dr J. Maisondieu dans Le crépuscule de la raison . Ces propos lapidaires évoquentle regard d’exclusion que notre société d’adulte porte sur les vieux, et l’incitation à une « mise à mort » semble proche.
Au début de notre siècle, nos vieux jouissaient encore d’un statut sacré. Leur longévité était fêtée. Ceux-ci étaient respectés pour leurs réalisations, leurs connaissances spécifiques mais aussi pour l’héritage qu’ils léguaient. Il n’aura fallu que deux générations pour queles personnes âgées soient une génération sacrifiées. Elles font déjà partie de l’ancien monde. Le savoir est dispensé par la télévision.
Dans les sociétés d’aujourd’hui, la vieillesse est ambiguë, car elle semble ne plus avoir de sens. On se réjouit de vivre toujours plus longtemps, mais personne n’accepte de vieillir.
Privilégiant la jeunesse, synonyme de beauté, de santé, de modernité, dedynamisme, notre société en vient à dévaloriser ceux qui se trouvent hors de ses normes : chômeurs, handicapés…vieux, jugés inactifs et démodés.
Notre société occidentale, écrit le psychiatre Jean Maisondieu, « pratique l’apartheid de la vieillesse avec une férocité d’autant plus redoutable qu’elle est inconsciente ».
Le mouvement a pris une telle ampleur que le Larousse Universel a introduit...
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