Fete

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  • Publié le : 18 avril 2011
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DE LA FÊTE ET DU MAWLID
Disons tous de suite que la fête est un des phénomènes les plus universellement répandus, au point ou nous serions tentés de dire, avec H.Cox que l’homme est d’abord ‘’ un homo-festivus ‘’. Depuis les études de Durkheim, nous savons que toute société entretient ses spécificités culturelles, en les raffermissant épisodiquement et régulièrement. Un des moyensprivilégies est celui de la fête. A intervalles réguliers, elle vient raviver et consolider les sentiments collectifs.
Son efficacité procède de deux sources. La fête se réclame toujours de quelque idéal sacré, au sens durkheimien du terme. Elle vise un niveau de conscience de soi qui dépasse le sentiment individuel. Elle fournit aux membres d’un groupe les moyens de se sentir et de se vivre commecommunauté.
Par ailleurs, la fête est également un moment privilégié qui vise à doter le groupe d’une mémoire. La fête apparait comme une institution destinée à fabriquer de la mémoire, une mémoire qui cautérise les blessures du passé et les projette dans des avenirs toujours prometteurs.
A ce titre, la fête se présente toujours selon deux versants, un versant sacré et un autreprofane. Cependant, sa force c’est de porter l’un et l’autre versant par la même puissance, la même force, le même sacré.

A) La fête : pratique du discours et ‘’esthétique de réception’’
Toute fête se présente d’abord comme un rituel. Qu’elle soit destinée à glorifier la patrie au sens moderne à travers des ‘’liturgies politiques’’ ou à célébrer un évènement temporel. Qu’elle soitpublique ou familiale, qu’elle soit ostentatoire ou discrète, la fête obéit toujours à une logique rituelle, c'est-à-dire à des règles de conduite codées et symboliques.
Ce sont ces rituels qui finissent par donner aux relations les plus prosaïques, et aux convenances les plus quotidiennes, un cachet sacré ; parce qu’elle les charge de sens. La fête se veut avent tout un message et un discours,cependant un discours obéissant à une esthétique.
En outre, la fête dans le même moment ou elle imbibe toute la vie quotidienne de sacré, elle permet à cette notion de s’élargir pour accueillir toutes les attentions. Le sacré est alors reformulé à cette occasion.

a) Théorie de la fête
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Dans une vision strictement structuraliste, nouspouvons dire, à la suite de R. Caillois que la fête réunit trois aspects (rassemblement, temps mythique et recréation du chaos primitif) qui correspondent aux trois moments signalés par W. Turner (rassemblement, transgression, recréation). Toute l’école sociologique est dans le sillage de Freud, Totem et Tabou, selon lequel ‘’une fête est un excès permis, voire ordonné, une violation solennelle d’uneprohibition’’1.
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1 S.Freud, Totem et Tabou, p. 194

Fenneke Reysoo, se distance ‘’des structuralistes et des phénoménologues (Caillois 1972 et 1980 ; Dumezil 1936 ; Eliade 1949 Leuw 1955) qui ont cherché un type idéal de fête, dont Caillois semble avoir donné la forme dominante. Pour elle, toute fête contient trois aspects : lerassemblement tumultueux, le temps mythique et la réaction par la reviviscence du chaos des origines (Caillois 1980)’’2. Néanmoins, la définition qu’elle avance ne nous semble pas, non plus pertinente : la célébration de quelque chose, un cadre délimité (village, tribu, nation), un espace temps consacré et des activités collectives ayant un caractère rituel. Ces éléments cités par l’auteur, s’apparententplus à une série de propriétés qu’à une définition. Par ailleurs, faisons remarquer que la fête, plus qu’elle ne le trouve, elle contribue à constituer le cadre délimité.

b) Pratique de la fête
Contrairement à une idée reçue qui fait de la fête une exaltation débridée, il faut rappeler que rien n’est moins contraignant qu’une fête. Elle a ses lois, ses codes et ses garde-fous....
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