Fiche de lecteur: le malaise dans la culture, freud

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  • Publié le : 6 avril 2010
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LE MALAISE DANS LA CULTURE de Freud

« LE BONHEUR EST-IL COMPATIBLE AVEC LA CULTURE? »
Freud écrit Le Malaise dans la culture en 1930, moment de grande souffrance et de crise économique. Freud, adoptant une vision assez pessimiste de la condition humaine, propose une analyse psychique des comportements humains face à la culture. Cet ouvrage se structure en huit parties où Freud est amenéà développer les conséquences sur le comportements individuel de la relation d'antithèse entre pulsion de vie (_Eros_) et pulsion de destruction que l'on rencontre chez l'homme au niveau psychique. En découle la thèse freudienne selon laquelle le refoulement pulsionnel (relatifs aux pulsions d'agression envers autrui mais aussi aux pulsions sexuelles) auquel invite la culture (structure imposé parles impératifs de la vie en communauté) produit un «malaise», une névrose, un sentiment de culpabilité. À travers cette analyse, le problème du bonheur dans la culture se posera, Freud ayant d'ailleurs de prime abord appelé son ouvrage « le bonheur dans la culture » puis « le malheur dans la culture » avant de l'intituler Le Malaise dans la culture.
Le premier chapitre du Malaise dans laculture de Freud aborde la culture sous la forme de la religion. Ce chapitre est consacré à répondre à l'objection de Romain Rolland aux analyses de L'Avenir d'une illusion. La source de la religiosité est un sentiment « océanique » par lequel le sujet se sent comme immergé dans la totalité du monde. Freud, par une approche psychanalytique arrive à considérer ce sentiment « océanique » comme laconservation d'un état infantile. Effectivement, « le moi, pour se défendre de certaines excitations de déplaisir issues de l'intérieur, n'applique pas d'autres méthodes que celles dont il fait usage contre un déplaisir extérieur devient le point de départ de troubles morbides significatifs » (p 78). Parallèlement à ce qu'il affirme dans L'avenir d'une illusion, la religion n'est pas source debonheur mais sert bien à déguiser la douleur. Elle sert en effet à masquer « certaines excitations de déplaisir ».
Dans le chapitre deux, la culture est abordée de manière indirecte, à travers le fait que « la vie telle qu'elle nous est imposée est trop lourde pour nous, elle nous apporte trop de douleurs, de déceptions, de tâches insurmontables » (p 87). La culture est ici toujours reliée à lareligion qui entend répondre à la curiosité humaine face aux énigmes de l'univers et apaiser les angoisses de l'être humain en les plaçant sous la protection d'une providence bienveillante. « Le tout est si manifestement infantile, si étranger à la réalité qu'il est douloureux à un philanthrope de penser que la grande majorité des mortels ne s'élèvera jamais au dessus de cette conception de la vie »(p. 86)- la religion est utilisée ici comme remède à la frustration humaine. Si l'on considère que le but des gens est d'augmenter les sentiments de plaisir dans leur vie en diminuant la douleur et le déplaisir-ayant pour origine l'aspiration au bonheur- cette frustration peut recevoir trois sortes de remèdes: « de puissantes diversions qui nous font mépriser notre misère, des satisfactions desubstitution qui la réduisent, des stupéfiants qui nous y rendent insensibles » (p. 87). Les sources principales de notre malheur vient de notre corps lui même, du monde extérieur et des relations avec les autres. {text:soft-page-break} En affirmant qu'elle n'est « sans doute pas un destin moins inéluctable que les souffrances d'une autre origine » (page 90) Freud permet à la culture de faire sapremière apparition en s'avançant masquée. Ces réflexions sont placées sous le signe de la confrontation et de la négociation entre principes de plaisir et de réalité. Toutes ces stratégies ont un but commun : aider les humains à « modérer leur exigence de bonheur » (p 90). Pour cela, on peut tenter de s'isoler du monde ou de le dominer par la technique notamment et ainsi la culture influe sur...
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