Fiche de lecture , bernard manin principes du gouvernement représentatif

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  • Publié le : 1 mai 2010
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Sciences Politiques

Fiche de lecture:

Bernard Manin, Principes du gouvernement représentatif

Bernard Manin, né en 1951, est ancien élève de l'École Normale Supérieure, agrégé de philosophie et docteur en sciences politiques. Il a tout d'abord enseigné dans le secondaire, puis en khâgne à Reims et est entré au C.N.R.S comme chargé de recherches en 1982. Pendant six ans (1990-1996) ilenseigne la science politique à l'université de Chicago. Depuis 1996, il est: professeur à temps partiel à la New York University, directeur de recherche au C.N.R.S, et il donne également des cours à l'ENS et à l'IEP de Paris.
Bernard Manin concentre ses travaux principalement sur l'étude des institutions et des politiques publiques des partis sociaux-démocrates, sur l'histoire des idées politiquesà travers différents auteurs, et enfin sur la notion de démocratie représentative. L'ouvrage que nous étudions porte d'ailleurs sur cette question.

Principes du gouvernent représentatif est un ouvrage publié en 1995. Dans ce livre, Bernard Manin entreprend de retracer, de l'Antiquité jusqu'à nos jours, l'histoire de la démocratie représentative, au travers du point de vue des auteurs del'époque d'une part, et d'autre part en analysant l'évolution du rapport représentants-représentés.

Dans le premier chapitre du livre, intitulé Démocratie directe et représentants: la désignation des gouvernants à Athènes, Bernard Manin établit une comparaison entre élection et tirage au sort.
A Athènes, le tirage au sort était le trait distinctif de la démocratie directe. En effet, la plupart desreprésentants comme les magistrats, les membres du Conseil (« la Boulè » qui occupait la fonction politique principale), mais aussi les Héliastes, étaient tous choisis par le sort. Le tirage au sort s'effectuait parmi les citoyens, volontaires pour participer à la vie politique, se sentant aptes à assumer les fonctions. Selon Aristote, «la conception démocratique de la justice se ramène à l'égalitéarithmétique », rendue possible par l'application du volontariat. Au volontariat s'ajoutait le principe de rotation des charges qui assurait le principe égalitaire que prônait la démocratie athénienne. Il y avait une volonté de permettre à n'importe quel citoyen qui le souhaitait d'accéder aux fonctions. C'est pourquoi l'élection n'était en aucun cas considéré comme un mode de sélectiondémocratique car tous les candidats n'avaient pas les mêmes chances d'occuper une fonction politique, ils dépendaient du choix de ceux qui élisaient.
Finalement, selon la démocratie athénienne le tirage au sort reflétait l'égalité, ce qui n'était pas le cas de l'élection.

Dans le deuxième chapitre, le triomphe de l'élection, le politologue présente l'évolution des rapports entre démocratie, tirage ausort et élection à travers Rome, Florence et Venise.
Rome n'était pas considérée comme une démocratie. Polybe décrivait le gouvernement romain comme un régime ou une constitution mixte car il associait à la fois des traits monarchiques, aristocratiques et démocratiques. Aujourd'hui la Rome antique s'apparente à un modèle de république censitaire où la fortune déterminait les degrés departicipation au pouvoir. L'élection était donc le mode de sélection approprié. Le sort ne servait qu'à déterminer qui voterait en premier ou quel vote serait dépouillée en premier. Il favorisait la cohésion politique et l'unification des classes possédant le pouvoir et du peuple, du fait de sa neutralité
Dans les républiques italiennes, à l'image de Florence et de Venise, le désir de participer à la viepolitique était fort (conception d'Aristote: l'homme est un animal politique). Néanmoins la passion et la soif de pouvoir dans ces cités engendraient des conflits et des factions. C'est pourquoi on employait le sort, pour éviter les clans qui perpétuent leur pouvoir, et c'est pour cette même raison qu'on créa un unique magistrat exécutif, le Podesta qui, par sa neutralité vis à vis de la cité...
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