Fiche de lecture malaise dans la culture

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  • Publié le : 1 juin 2011
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Note à propos du titre : Cet ouvrage de FREUD a été très longtemps traduit comme « Malaise dans la culture. » qui est d'ailleurs le titre de l'édition que j'ai utilisé. Une autre traduction nous propose « Malaise dans la civilisation » qui semblerait s'inscrire de manière plus large grâce à l'utilisation du terme de civilisation. Je dis bien « semblerait », car les définitions des deux termes,selon leurs acceptions philosophiques, psychologiques, sociologiques ou politiques – etc – nous laissent avec un croisement des propositions, civilisation prenant une teinte de culture, et culture prenant une teinte de civilisation. Pour ma part, avant de me lancer dans un débat entre définitions et n'ayant pas assez d'expérience de lectures pour étayer mon propos, j'ai répondu à moi-même à ce débatavec le titre suivant « Malaise dans notre lien à l'autre ». Les éléments de résumé de cet ouvrage seront ponctués par des éléments de réflexion de ma propre pensée vis-à-vis de l'auteur. La seconde partie se focalisera sur l'articulation de ces éléments de réflexion avec la problématique interculturelle.

Chapitre premier

Dans ce court chapitre introductif, Freud nous introduit sonpropos sur le sentiment de religion. En faisant à ses discussions précédentes sur le sujet, il caractérise ce sentiment comme étant au conditionnel un sentiment « océanique » dans le sens de « sans frontière ». Hors Freud ne saurait être d'accord dans le fait que ce sentiment serait un lien de totalité, d'unicité avec le monde extérieur, mais il ne se refuserait pas à admettre que ce sentimentexisterait chez d'autres sujets. On peut y voir là, de la part de Freud, un début de la « bienveillance culturelle » dont il faut faire preuve face à l'autre et son vécu. On peut ne pas être d'accord avec une proposition, mais l'autre peut acquiescer cette proposition. Le refus de cet acquiescement de l'autre conduirait à des situations d'exclusions.
Pour appuyer son désaccord avec cette idée decontinuité avec le monde extérieur, Freud nous rappelle que le Moi se différencie – grâce à Autrui et au déplaisir – du monde extérieur en créant une sorte de frontière, plus ou moins intègre. En revanche, le Moi est en continuité dedans, à l'intérieur, avec le ça, avec « un être animique inconscient ». Néanmoins, Freud nuance son propos en acceptant le fait qu'à l'apogée du sentiment amoureux, lafrontière entre sujet et objet s'efface. Tu es moi, qu'on pourrait entendre aussi, comme je te fais mien. Freud fait aussi appel à la pathologie qui touche très précisément le rapport du Moi à l'extérieur. Alors le Moi est touché par des variations extérieures, par la confrontations avec l'extérieur, ou la confrontation avec autrui. C'est un point qui nous intéressera dans l'aspect interculturel.En revenant sur le « sentiment océanique », Freud propose qu'une partie du Moi originel, incluant le monde extérieur, a survécu aux côtés de ce Moi « ultérieur ». Pour étayer son propos, Freud nous propose la métaphore de la construction de Rome. Les ruines étant toujours présentes mais ensevelies plus ou moins, ensevelies. Une métaphore que j'avancerais peut être aussi vue dans la géologie avecl'étude de strates, les affleurements, et même les inclusions volcaniques peuvent être une belle métaphore à la théorie de l'après-coup. Néanmoins, l'utilisation de métaphores visuelles ne sauraient selon Freud rendre compte de la particularité de la vie animique. C'est à ce titre que Freud nous propose d'utiliser le corps animal ou humain comme métaphore. Dans le cas du corps, les phases antérieuresne laissent pas de vestiges, car les phases ultérieures ont utilisé les matériaux antérieures. L'ultérieur est fait d'antérieur. Encore une fois, après cette nouvelle métaphore, Freud revient à la question du « sentiment océanique ». Pourquoi est-il considéré comme source du religieux? La métaphore précédente nous servira alors. C'est par l'état de désaide, Hilflösigkeit, et de « désirance »...
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