Fiche de lecture : zazie dans le metro

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  • Publié le : 30 août 2011
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Zazie dans le métro

 Résumé Zazie dans le métro
Roman écrit par Raymond Queneau, paru en 1959.
La jeune Zazie passe quelques jours chez son oncle, un travesti, à Paris, mais s'échappe pour visiter le métro.
L'héroïne de ce roman arrive à Paris, pour y passer un jour et demi sous la garde de son oncle. Dès son arrivée, la grève du métro démoralise Zazie, dont le seul espoir était précisémentde prendre ce dernier mais, malgré cette déception, elle démarre une aventure tantôt seule, tantôt accompagnée de personnages bizarres – son oncle Gabriel, susceptible d'être homosexuel, le policier Trouscaillon, le chauffeur de taxi Charles, Madame veuve Mouaque, folle d'amour, le guide touristique slave Fédor Balanovitch, les touristes multinationaux, etc.
Zazie visite d'abord le marché auxpuces, monte ensuite sur la tour Eiffel, apprécie le numéro de Gabriel au Mont de Piété, etc. Son aventure, courte mais extravagante, se déroule ainsi jusqu'à ce qu'elle participe à une bagarre dans un café-restaurant, très tôt dans la matinée.
Du fameux « Doukipudonktan », exemple de « coagulation phonétique » quenienne qui ouvre le récit comme un clairon déclarant la guerre au langage châtié,jusqu’au « J’ai vieilli » qui le clôt, 36 heures à peu près se sont écoulées ; mais à l’instar du car de touristes ballotté par Gabriel, le lecteur a découvert Paris comme il ne l’avait sans doute jamais vu, un Paris populaire et interlope. Zazie tient à la fois de la tragédie avec son respect des unités, et du roman d’initiation, dans lequel, et c’est ce qui nous retient, la mère indigne délègue àl’oncle extravagant le soin de l’éducation de sa fille. Est-il utile de résumer l’histoire ? L’oncle Gabriel, un colosse, accueille Zazie à la gare d’Austerlitz. Jeanne Lalochère, sœur de Gabriel, lui confie sa nièce le temps d’un week-end passé avec un amant. On apprendra par Zazie que celle-ci est veuve d’un monsieur alcoolique, qu’elle a tué elle-même à l’aide d’une hache confiée par son amantd’alors, au moment où il s’apprêtait à abuser de la petite ! (« Et les papouilles zozées de recommencer », p. 54). Gabriel se fait passer pour veilleur de nuit, mais on apprendra qu’il est en réalité « danseuse de charme » (p. 62) dans une « boîte de tantes » (p. 63) ou « boîte de pédales » (p. 81), à Pigalle, sous le nom de Gabriella. Il est dûment marié avec Marceline, mais Zazie se demandera tout aulong du récit s’il n’est pas « hormosessuel ». Queneau s’amuse avec le lecteur, car les dénégations de Gabriel et de ses camarades sont malicieusement contrariées par l’apparition finale de Marceline sous l’appellation de Marcel, ce qui renvoie à Gabriel / Gabriella, sans oublier le « Tu as oublié ton rouge à lèvres » que Marceline lance à Gabriel (p. 29). Zazie s’échappe, se défend toute seulecontre les « meussieu » qui voudraient la raccompagner au logis, en les faisant passer pour des satyres, jusqu’à ce qu’elle trouve plus fort qu’elle, en la personne de Pédro-surplus, alias Trouscaillon, alias l’inspecteur Bertin Poirée, alias Aroun Arachide, figure déléguée de l’auteur manipulant ses personnages. La bataille finale rapproche la structure du roman de celle du Chiendent, premierroman de Queneau publié en 1933, dont un des personnages principaux était déjà un garçon fugueur et déluré, Théo, qui s’amusait également à manipuler les adultes.
Intérêt du texteOn rapprochera Zazie de La vie devant soi, de Romain Gary, avec lequel l’œuvre de Queneau partage une image non-conventionnelle de l’enfance, une vision du Paris interlope, et l’évocation d’une insolite parentalité déléguée.La relation de la filiation de Zazie sera pour nous éducateurs le prétexte d’un dossier pédagogique mêlant les joyeusetés hellènes (petits meurtres familiaux, inceste et tutti quanti) et les coupures de presse scabreuses sur l’affaire d’Outreau. Pour l’analyse du roman et sa place dans l’histoire littéraire, il n’y a rien à ajouter à la brillante étude de Laurent Fourcaut suivie d’extraits...
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