Fiche de lecture d'"essai sur les partis politiques" de pierre avril

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Conférence d’Institutions Politiques de M. PAPAZIAN, IEP de Paris
Fiche de lecture : Pierre AVRIL, Essais sur les partis politiques, 1995 (réédition), Petite Bibliothèque Payot, 226 pages.
Pauline Rodrigue

C’est en 1986 que Pierre Avril publie la première version de ses Essais sur les partis politiques, intitulés en hommage à l’œuvre de Hume. La version à l’étude date de 1995, elle a doncété augmentée, enrichie, le contexte politique inédit de la cohabitation, les lois sur le statut des partis politiques et la réélection de François Mitterrand à la présidence de la République venant nourrir une réflexion qui étudie les partis dans leur contexte institutionnel, politique et « environnemental ».
Pierre Avril est né en 1930. Séduit par la politique de Mendès-France, an 1954 il prend ladirection des étudiants radicaux. Puis il se consacre à la rédaction des Cahiers de la République, d’inspiration mendésiste. Mais à la suite de désaccords, il délaisse cette activité. Agrégé de droit public et de science politique, il est l’auteur de nombreux ouvrages, sa thèse porte sur « l’évolution politique et constitutionnelle de la Ve République ».
Dans cet ouvrage, Pierre Avril aborde lesquestions de l’évolution du statut des partis et de leur utilité dans la démocratie, jusqu’à ce qu’ils soient acceptés comme un « mal nécessaire », puis comme des « auxiliaires de la démocratie »vraiment reconnus. L’auteur prend le parti d’étudier les partis politiques sans les séparer du régime politique, de la Constitution et de la pratique qui en est faite, car ceux-ci déterminent le systèmede partis. Il examine également la pertinence d’une typologie des partis et s’interroge sur l’influence du cadre institutionnel sur les partis (l’approche classique étudiant plutôt l’influence des partis sur les institutions). Pierre Avril a donc une approche singulière qui est celle de voir si empiriquement les évolutions de la place des partis et de la « matrice institutionnelle » serejoignent. Il insiste de plus dans le chapitre VII sur le fait que le « les partis sont une dépendance du régime, [et que] c’est de lui que doit partir l’analyse et non d’eux ».

Dans un premier temps l’auteur pose la distinction entre parti, faction et association. Le parti est censé être ouvert à tous et porter un projet de société global. Il a le souci du soutien populaire. Pierre Avril étudied’autres critères de la définition du parti : le critère électoral (invalidé par l’existence de partis uniques), l’organisation, l’étiquette (le parti doit être identifiable par les citoyens); tout en se demandant en quoi cela est compatible avec une démocratie. Les partis se sont développés avec l’avènement du suffrage universel, selon l’idée que plus les électeurs sont nombreux et moins éduqués ilssont, plus ils ont besoin d’être encadrés. S’appuyant sur la loi d’airain de Robert Michels, Pierre Avril met en lumière les insuffisances démocratiques inhérentes à la nécessaire organisation des partis, qui aboutit à la formation d’une nouvelle oligarchie (notamment dans un cadre de compétition entre les partis). « Qui dit organisation dit oligarchie » écrit Michels. Ce à quoi Pierre Avril opposeles contestations internes, barrière à la toute-puissance de cette oligarchie. Comment les partis ont-ils été finalement acceptés et reconnus ? L’auteur évoque une révolution épistémologique dans l’idée de bien commun : il n’est plus une « réalité univoque » mais « l’union dialectique résultant de la confrontation », soit une véritable construction basée sur une philosophie individualiste. PierreAvril cite à ce propos Mosei Ostrogorski : est apparue une « nouvelle cosmogonie sociale dans laquelle le point de départ et la fin sont l’individu et non l’ensemble ».
Les partis trouvent donc leur légitimité en ce qu’ils sont utiles à la démocratie : il permettent aux citoyens d’exprimer leur opinion plus efficacement (rôle d’identification), ils servent de relais entre Etat et société...
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