Fiche de lecture : l'homme espagnol de bartolomé bennassar

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 15 (3663 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 18 avril 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Mariane Saïe (2008, conférence ScPo)

L’Homme espagnol

BENNASSAR (Bartolomé), L’Homme espagnol : attitudes et mentalités du XVIe au XIXe siècle, Paris, Hachette, 1975, 252 p.

I- Présentation générale

L’Homme espagnol a été publié en 1975 par Bartolomé Bennassar. Depuis, il a été traduit dans plusieurs langues (espagnol en 1978, anglais en 1979) et a été réédité àtrois reprises (1978, 1991, 2003). Ces rééditions témoignent du bon accueil fait à cet ouvrage dans le milieu universitaire. L’Homme espagnol constitue aujourd’hui le dogme dominant en matière d’histoire des mentalités pour l’Espagne moderne.

Né à Nîmes en 1929, Bartolomé Bennassar est un historien français d’origine espagnole par son père. Il est un des spécialistes les plus reconnus del’histoire de l’Espagne. Il a été pensionnaire à la Casa Velasquez, recteur de l’Université de Toulouse et conseiller scientifique au CNRS. Il a par ailleurs collaboré aux travaux de l’EHESS. Ses travaux ont porté sur différents aspects de l’histoire de l’Espagne, depuis la conquête de l’Amérique jusqu’à Franco.
Si la qualité de sa biographie de Franco est généralement admise, Bennassar restenéanmoins avant tout un moderniste. Sur les conseils de Fernand Braudel, il a débuté sa carrière par une thèse sur Valladolid au Siècle d’Or[1]. Il s’est par la suite intéressé à différents aspects de l’histoire de l’Espagne moderne. Une liste exhaustive de ses travaux serait fort longue, mais on peut au moins citer les principaux thèmes qui l’ont intéressé au cours de sa carrière : l’Inquisition[2], laconquête de l’Amérique[3], les relations diplomatiques[4]. Il a en outre réalisé une synthèse encore largement utilisée aujourd’hui sur l’histoire des Espagnols[5].

L’Homme espagnol date de 1975. C’est le premier ouvrage notable sur l’histoire des mentalités espagnoles modernes. Cette histoire des mentalités est le dernier apport de l’école des Annales. Bennassar reconnaît d’ailleurs que,de tous les historiens qui ont participé à sa formation, c’est auprès de Braudel qu’il a contracté sa plus grande dette intellectuelle.
En 1975, l’histoire des mentalités espagnoles est inexistante. Comme base de départ pour ce travail, ne sont à signaler que quelques ouvrages d’histoire sociale. A côté des travaux thématiques de Marcel Bataillon[6], on trouve des synthèses, comme celles deMarcellin Defourneaux[7] et d’Antonio Dominguez Ortiz[8]. En dehors de ces quelques auteurs, le champ était parfaitement libre pour Bennassar.

II- Contenu de l’ouvrage

Pour L’Homme espagnol, Bennassar a utilisé trois types de sources principaux. Il les présente dans son introduction : sources notariales (contrats de mariages, inventaires après décès et testaments notamment), sourcesinquisitoriales et récits de voyageurs. Les deux premiers corpus de sources étaient en grande partie inédits ; le troisième avait déjà était édité mais n’avait pas encore était exploité dans cette mesure.
D’une part, Bennassar a appliqué la méthode héritée de l’école des Annales, en réalisant une étude statistique de ses sources, en particulier pour les passages concernant la démographie. Ila également procédé de la même façon que lors de sa thèse, en cherchant à faire jaillir des personnages des documents d’archives. Il nous restitue ces destins individuels et s’en sert ensuite pour dessiner les traits généraux des mentalités espagnoles.

« Chapitre 1 : Signification des modèles ? »
Dans son premier chapitre, Bennassar met en évidence la particularité des mentalitésespagnoles, par opposition au reste de l’Europe, au moyen d’une série de portraits.
Il commence par dresser le portrait d’une série de personnages – militaires, conquistadores, hommes politiques et hommes de lettres – qui ont incarné les valeurs de l’époque, imprégnées par l’idéal aristocratique. Tous ont vécu intensément. Ils ont aimé le pouvoir, la gloire, les femmes et l’argent, risquant...
tracking img