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  • Publié le : 8 mai 2011
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Synthèse livre La peur du déclassement de Eric Maurin
Une sociologie des récessions
L’auteur s’attache d’abord à distinguer le distinguer le déclassement de la peur du déclassement.
Selon lui, le déclassement est « un phénomène de rupture qui conduit un individu à perdre sa position sociale ». En 2009, plus de 300 000 personnes qui étaient protégées par un CDI se sont retrouvés licenciés etsont aujourd’hui au chômage.
Les jeunes diplômés se trouvent également de plus en plus déclassés. Il s peinent à trouver du travail et sont contraints à exercer des petits boulots sans rapport avec leurs niveaux de qualification.
Le déclassement frappe en priorité les ouvriers, les employés mais aussi les cadres du privé dont les statuts se fragilisent au fur et à mesure que leurs emplois sebanalisent. Les fonctionnaires restent à l’abri du déclassement car ils sont protégés par leurs statuts. Cependant, ils se heurtent à une remise en question de leurs avantages statutaires, à une diminution des effectifs et à une dégradation des conditions de travail.
La peur du déclassement, c’est « une angoisse sourde qui repose sur la conviction que personne n’est à l’abri, qu’une épée de Damoclèspèse sur les salariés et leurs familles, que tout un chacun risque à tout moment de perdre son emploi, son salaire, ses prérogatives, en un mot son statut ». Cette angoisse est ressenti chez les ouvriers, les employés et encore plus chez les classes moyennes et supérieures car ce sont elles qui ont le plus à perdre car elles possèdent les meilleurs statuts, ceux qui protègent les plus. D’après unsondage, en 2006, 48% des Français pensaient qu’ils pourraient un jour se retrouver SDF. En 2008, ils étaient 60% à le craindre.
Selon Maurin, le contexte de récession alimente la peur du déclassement. Face à cette peur, les individus et notamment ceux appartenant aux classes moyennes et supérieures ont tendance à vouloir consolider leurs statuts en se surprotégeant (syndicat) au détriment de ceuxqui sont sans l’emploi. Le malaise de ces classes réside dans la difficulté qu’ils ont rencontrée pour pouvoir accéder à un emploi stable et qui plus est pour atteindre un tel statut. Cette absente de fluidité sur le marché du travail leur fait peur et craignent de perdre leurs statuts. Ils ont conscience de tout ce qui pourraient perdre s’ils venaient à perdre leurs emplois.
La peur dudéclassement est tellement importante notamment chez les surdiplômés de la fonction publique qu’ils refusent toutes perspectives de déclassement et toute remise en cause de leurs statuts. Ce refus est d’autant plus important que ce statut a été atteint au prix de sacrifice scolaires et professionnels importants.

L’émergence de la société à statut :
La période d’après guerre et surtout des années 60au milieu des années 70, la croissance économique est très forte ( + 5,5 % en moyenne/an) et le chômage est très faible. Il s’agit d’une phase de modernisation et de rattrapage éco. On assiste à une production standardisée et l’organisation de travail est fondée sur des collectifs ouvriers. De plus, au cours de cette période les employés et les ouvriers sont de plus en plus protégés par leursstatuts et par l’arbitraire patronal. Les employeurs acceptent d’autant plus facilement qu’avec la forte croissance, les risques économiques sont moindres.
Avec le choc pétrolier de 73-74, le système économique Français est ébranlé et il s’en suit une période de fortes incertitudes pour les entreprises. Dans les années qui suivent le choc, la croissance va revenir mais le chômage des jeunes sansqualification va exploser. Pour remédier à ça, le GVT de l’époque va imaginer de nouveaux contrats de travails (CDD) pour les jeunes qui sont moins protecteurs mais qui permettent de conjurer le chômage et la marginalisation. Ce dispositif sera efficace puisqu’à la fin des années 80 , le chômage des jeunes recule fortement. Les tx de chômage des jeunes ayant quitté l’école depuis moins de 5 ans...
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