Fiction et reflexion

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  • Publié le : 1 novembre 2010
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Dans quelle mesure une œuvre de fiction (littéraire, cinématographique ..) peut-elle inciter à réfléchir sur le monde qui nous entoure et tout particulièrement sur les dangers qui le menacent ?
Vous vous appuierez sur des exemples tirés du corpus et sur vos lectures personnelles.

Dès leur plus jeune âge, les parents lisent des histoires à leurs enfants. Les personnages de ceshistoires sont inventés, merveilleux et fictifs et ces instants que les parents consacrent à leur progéniture sont destinés, grâce à ces lectures, à forger leur vision du monde, de la vie et à les éveiller. Certes ce goût pour cette forme de récit s’estompe avec l’âge et l’adulte dirigera ses lectures vers d’autres formes d’argumentation y joignant même la perception visuelle des œuvrescinématographiques qui ne sont en fait que des adaptations pelliculaires de scénarii, encore que les dessins animés pour enfant participent à l’apprentissage.
Néanmoins, déjà Ésope dans l’Antiquité, puis des auteurs français des XVII et XVIII siècles comme Jean de La Fontaine et Voltaire avaient saisi et su utiliser la force argumentative de la narration fictive. Ainsi, pour La Fontaine : « Une morale nue apporte de l’ennui

Le conte fait passer le précepte avec lui »

(Le Pâtre et le Lion, Livre VI, Fable 1).
Pour déterminer l’incidence d’une œuvre de fiction sur la réflexion induite chez le lecteur par l’extrapolation au monde et aux dangers qui le menacent, il faut envisager les atouts que nécessitent lesfictions littéraires pour convaincre et faire adhérer le lecteur aux idées suggérées avant de considérer pourquoi les œuvres de fiction sont utilisées par leurs auteurs pour véhiculer des messages.
Ainsi, après avoir abordé les vertus d’une œuvre de fiction qui en font le vecteur d’une argumentation, il faudra étudier les raisons de cette force de persuasion et enfin cerner les limites de cetteutilisation.

En premier lieu, la fiction représente pour l’auteur une source intarissable tant par sa diversité que par sa vivacité pour éveiller la curiosité et susciter l’intérêt du lecteur répondant ainsi à une mission primordiale de toute littérature : plaire et divertir.
Cette incidence de la fiction est très nette dans la fable de La Fontaine « Le pouvoir des fables », Livre VIII,Fable 4 où un orateur de l’Antiquité, s’adressant au peuple d’Athènes, captive l’attention de son auditoire non pas en abordant le sujet de son discours mais en narrant un récit animalier qui sert alors d’aiguillon pour ‘réveiller’ le peuple.
Cette diversité des œuvres de fiction concerne aussi bien les genres de fiction que les types
de personnages et ce, dans plusieurs registres littéraires.Les genres de fiction permettent de considérer les apologues et tout d’abord les fables dont
les personnages le plus souvent animaliers qui, ayant (La Fontaine) ou non (Ésope) la parole,
se conduisent comme des êtres humains ; la description se faisant dans un monde
merveilleux et en même temps réaliste. C’est par exemple le cas de la fable de La Fontaine
« Les deux Coqs », LivreVII, Fable 13 dans laquelle l’auteur instille certaines références à
la guerre de Troie qui permettent encore plus au lecteur d’établir un parallèle avec la société
et le genre humain de l’époque.
Après les fables, les contes philosophiques, dont Voltaire au XVIII siècle est l’auteur
emblématique, sont des récits fictifs, plaisants et enlevés qui, à travers une narration
anodine,représentent de véritables leçons de philosophie. Cette mission du conte
philosophique est parfaitement illustrée par « Candide » de Voltaire (1759) où un jeune
homme, Candide, à travers ses voyages, évolue, mûrit tandis qu’il perd progressivement ses
illusions sur le monde. Le lecteur est gagné aux idées proposées par le texte à cause de la
bonne humeur de l’ouvrage. Le récit...
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