Figaro

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  • Publié le : 11 décembre 2010
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La scène 4 de l’acte III présente le comte Almaviva seul, en proie à ses interrogations. Alors que le deuxième acte du Mariage de Figaro contribuait peu à l’avancée de l’intrigue principale, le troisième met en scène le premier véritable obstacle aux noces de Figaro et de Suzanne : le procès intenté par Marceline au valet. Traditionnellement, dans le théâtre classique, maître et valet étaientalliés – tradition que Le Barbier de Séville, premier volet de la trilogie de Beaumarchais créé en 1775, reprenait – dans le Mariage, qui se déroule trois ans plus tard selon la chronologie de la fiction, le comte Almaviva et son valet Figaro convoitent un même « objet » : Suzanne, camériste au service de la comtesse et fiancée à Figaro. Avec l’acte III, nous nous trouvons au milieu de la pièce,l’attention du spectateur est donc à son comble et il n’attend qu’une chose : le déroulement du procès pour permettre à l’intrigue de se dénouer. Mais, le lecteur devra patienter encore un peu pour la confrontation entre Figaro et ses opposants – le comte qui veut lui ravir sa belle et Marceline qui veut l’épouser. Véritable transition, ce monologue permet de faire connaître au spectateur lessentiments du comte. Ce dernier, se croyant seul, dévoile en effet librement les élans de son cœur. Ainsi apprend-on, et ce, en même temps que Figaro arrivé au moment crucial, que le comte désire s’entretenir avec le valet pour savoir s’il est au courant de son amour pour Suzanne. La scène permet de mettre en scène les états d’âme du comte : ses remises en question, ses inquiétudes, ses doutes. Maissurtout, elle permet de présenter le « grand corrégidor » dans une situation d’infériorité.
Il s’agit donc de montrer comment, dans cette scène, Beaumarchais présente le désarroi du comte et de quelle manière celui-ci a déjà perdu la première manche alors que la confrontation entre les deux hommes n’a même pas encore commencé.

Après un deuxième acte se déroulant dans les riches appartements dela comtesse, le troisième prend place dans « une salle du château, appelée salle du trône et servant de salle d’audience ». Beaumarchais, un des premiers dramaturges à accorder de l’importance au décor et aux accessoires, propose ici une mise en scène aboutie. La salle d’audience est donc un lieu solennel, où la justice est rendue et où les conflits doivent être régulés. La figure du roi,représentation picturale de la loi, garantit la bonne conduite des « adversaires ». Cependant, Beaumarchais ménage ses effets puisque la confrontation entre les deux rivaux se fait attendre. En effet, dans cette scène 4, le spectateur n’est qu’en présence du seul comte. Le personnage expose son problème et va tenter de le résoudre au cours de la scène.
Ainsi, ce monologue délibératif joue un rôleessentiel dans la caractérisation des personnages et dans la construction des rapports de force. Pour Beaumarchais, le monologue possède des fonctions bien utiles pour la dramatisation. D’une part, il permet de lier les scènes entre elles, et fait office de transition. De plus, les monologues sont les seuls moments de transparence (outre les apartés), où le personnage peut ôter masque et feinte. Horsde la présence des autres, il peut échapper à la nécessité de dissimuler l’expression de ses sentiments et en parler librement, le spectateur étant le seul témoin de son discours. Désormais, le comte Almaviva n’est plus contraint de paraître sûr de lui. La didascalie le présente rêveur, ce qui met davantage en avant son désarroi et son incompréhension face à la situation. Le comte est en état defaiblesse, il admet même sa maladresse : « J’ai fait une gaucherie en éloignant Basile !... la colère n’est bonne à rien. » Almaviva semble confus, état accentué par la forme en aposiopèse, utilisée dans la majeure partie du monologue. Cette ponctuation excessive traduit ainsi le doute. Notons que c’est la première fois que le comte nous apparaît de cette façon. D’habitude, ses phrases sont...
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