Fin de la chanson du mal aimé - apollinaire (commentaire)

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Apollinaire: Fin de la chanson du mal aimé Alcools 1903

Introduction:
La modernité est un terme revendiqué dès la fin du XIX° siècle par des poètes comme Baudelaire qui se veut le peintre de la vie moderne, et renouvelle la notion du beau: « tu m'as donnée ta boue et j'en ai fait de l'or » écrit il au début des fleurs du mal en 1857. A sa suite Guillaume Apollinaire (1880-1918) modernisentles thèmes poétiques et libère l'écriture poétique. L'extrait à étudier se situe à la fin de la chanson du mal aimé, troisième pièce du recueil Alcools. Composée en 1903, elle s'inspire d'un chagrin d'amour du poète qui s'était épris d'une jeune anglaise Annie Playden, rencontrée en Allemagne en 1902 et qu'il ne réussit pas à reconquérir. Nous nous demanderons comment Apollinaire allie le thèmetraditionnel de la chanson d'amour à une poésie réellement novatrice.

Le poème décrit l'errance du poète à travers Paris
Un éloge de la ville moderne qui emprunte des formes poétiques et des registres nouveaux
Malgré la modernité du poème, à certains égards, le poète renoue avec la chanson ancienne

I. Le poème décrit l'errance du poète à travers Paris
1. Les repères spatio-temporelssont à la fois précis et multiples
a. les repères de temps sont précis et évoquent la chaleur de l'été (chaleur de l'été comme une brulure)
str1: Juin,ton soleil ardent (ardent, ardere en latin, qui brûle)
brûle, placé en rejet,procédé d'insistance)--> douleur d'amour
b. On passe peut être du jour à la nuit.
« Soirs de la nuit » évocation de l'électricité.

2. En revanche, le terme del'errance se caractérise par une progression spatiale et un changement de lieu
a. la progression
str1: v.4 un lieu générale « mon beau Paris »
str2: la rue v.8 « les cours grises »
v.9 les fleurs aux branches de Paris
v.13 Les tramways...
str4: De l'extérieur à l'intérieur « les cafés »: allusion aux « tziganes », musicien dans les cafés et aux garçons de café.
b. un procédé sonore insistesur l'errance comme un écho intérieur.
v.4 j'ère à travers mon beau Paris
[ère] [ère] assonance en aire

3. Le poète raconte sa propre errance à la 1ère personne du singulier et s'adresse à la femme qui ne l'aime plus.
Str1: j'ère
fin de str4: « Vers toi, toi que j'ai tant aimée, allitération en [t]
début de str5: Moi, qui suis...
Le blanc entre les 2 strophes manifeste la fin del'amour et la séparation.

II. Un éloge de la ville moderne qui emprunte des formes poétiques et des registres nouveaux

1. Éloge de Paris: Paris répété trois fois avec des connotations positives « beau v.4 -fleurs v.9 – soirs v.11 »
La ville lumière: l'électricité anime Paris: « flambant » v.12 « feux verts » v.12
La ville cosmopolite: v.17 « tziganes », v.19 « vêtues d'un pagne »
L'animationde la ville est suggéré parle bruit connoté positivement au fur et à mesure du poème il semble que l'animation et la beauté de la ville distrait un peu le poète de son chagrin
v.8 sanglotent--> v.14 (néologisme) musiquent--> v.17 crient tout l'amour
(-) (+)
Elle est aussi évoquée par les cafés et l'alcool que l'on y boit (gin)
v.16 cafés gonflés de fumée, rime intérieur en é

2.àtravers de Paris, l'éloge de la modernité.
Le progrès: le poète consacre une strophe à l'électricité et aux tramways, moyens de transport moderne: « machines » à la rime, procédé d'insistance au v.15

3. Le renouvellement poétique se lit à:
a. un registre descriptif avec des phrases nominales (v.11 et 12)
b. l'absence de ponctuation qui déroule dans la lecture v.3 et disloque parfois la phrase(str 1). Elle crée des effets d'enjambement et amplifie le rythme (v.4-5)(9-10)(11-12) etc...
c. Le mouvement est aussi marqué par le traitement du temps et des objets qui subissent des personnifications étranges
tps personnifié, apostrophe vers 1, Juin ton soleil ardente lyre
vers 11, Soirs de Paris, ivres
objets personnifiées, les orgues « sanglotent »
« siphons enrhumés »
« tramways...
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