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  • Publié le : 3 août 2013
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Une école intrapreneuriale  pour une auto-organisation « cadrée » des projets complexes

G. POULINGUE et F. JOLIVET
ÉCOLE DE MANAGEMENT DE NORMANDIE

RÉSUMÉ/ABSTRACT

Le Club de Montréal, communauté de pratique composée de 24 membres réunissant des directeurs de grands projets et des enseignants chercheurs, partage depuis plus de 20 ans des expériences managériales de réalisation de grandsprojets. Le résultat de cette capitalisation d’expériences n’a cependant pas abouti à un collectif exprimant une réflexion réifiée une fois pour toute. Il n’en demeure pas moins qu’un ensemble d’analyses sur les retours d’expériences des praticiens du Club convergent vers des principes d’auto-organisation « cadrée ». Pour les membres du Club, de façon contre-intuitive, le management de projetcomplexe conduit à l’adoption d’un management déléguant davantage de responsabilités aux acteurs du terrain plutôt qu’à la centralisation de la prise de décision et de l’organisation même du projet. Le cadrage organisationnel ne se fait pas de façon anarchique mais bien en mettant en place un système imposant aux acteurs du projet de construire leurs propres règles. Nous tenterons de démontrer queplus un système est complexe et en l’occurrence plus un projet est complexe, plus il demande une capacité à accompagner les acteurs en leur libérant de l’autonomie afin de les responsabiliser et de les rendre conscients des enjeux. La déclaration peut satisfaire tout le monde mais il reste à fixer le mode opératoire. Nous proposons de développer le concept de « métarègle » apporté au sein de lacommunauté par la pratique de François Jolivet, ancien directeur de projets dans le BTP et plus précisément ancien directeur du projet de la construction du tunnel sous la Manche. Ce concept de « métarègle » fut ainsi dénommé par le Professeur Christian Navarre, ami proche de François Jolivet et membre pionnier de la communauté. Ce précepte apparaît adapté au système managérial préconisantl’auto-organisation. Notre méthodologie de recherche s’appuie sur celle mobilisée lors d’une recherche doctorale important la méthode historique aux sciences de gestion pour la réalisation d’une thèse sur l’histoire d’une communauté de pratique d’experts en management de projet.

A partir d’archives et d’entretiens recueillis pour la rédaction de la thèse « Historiographie d’une communauté d’experts enmanagement de projet : le Club de Montréal », la méthodologie a permis une étude du processus de construction de la communauté tout en abordant une étude du « contenu » de la communauté. Des apports sur la conceptualisation du management de projet (Declerck et al., 1980) ainsi que la théorie des communautés de pratique (Wenger, 1998) ont permis la lecture et l’approfondissement des thématiquesabordées par la communauté : l’apprentissage social occupe une place centrale aussi bien au niveau de la communauté qu’au travers des expériences projet ; la notion de l’auto-organisation apparaît très vite dans les réflexions développées au sein de la communauté ; les systèmes complexes (Mélèse, 1979) définissent différents paliers d’apprentissage de l’auto organisation : autonomie opératoire, autonomiede processus, autonomie organisationnelle, autonomie téléonomique. Bouchard (2002) nous propose une typologie des métathéories de l’auto-organisation en gestion catégorisant des systèmes plus ou moins construits ou laissés en l’état par la direction des entreprises. Les membres de la communauté ont bénéficié des conceptualisations des professeurs Navarre (1993) et Midler (1993), tous deux membresde la communauté, important une réflexion très intrapreneuriale du management de projet quui confére une grande autonomie au directeur de grands projets et à son équipe multimétiers. Le précepte de métarègle y est toujours présent. D’autres contributions conceptuelles développées par d’autres membres de la communauté sont venues enrichir les réflexions (Badot et Hazebroucq, 1996 ; Garel,...