Fluctuation du yuan

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Sommaire :

Première partie :

• Article « Chinoiserie monétaire » par M. Wolf Page 2

• Résumé de l’article Page 5

Deuxième partie :

• Introduction Page 6

I. La sous évaluation du yuan Page 8

➢ Les principes de la politiques monétaire chinoise Page 8

➢ « Le yuan, arme de guerre économique » Page 9

II. Vers la voie du changementou faux semblant Page 10

➢ Une réévaluation du yuan dangereuse Page 10

➢ La fin de l’encrage du yuan au dollars Page 12

• Conclusion

Première partie

L'éclairage
Chinoiseries monétaires, par Martin Wolf
LE MONDE ECONOMIE

Dans sa confrontation, les yeux dans les yeux, avec la puissance émergente, la superpuissance a donc cillé : le Trésor américain a ajourné lapublication, initialement prévue le 15 avril, d'un rapport devant dire si oui ou non la Chine se livre à une manipulation du taux de change. Une série de consultations multilatérales et bilatérales étant en cours, il était en effet normal de laisser une chance à ces négociations avant d'envisager des mesures.
Cela dit, la Chine manipule-t-elle la monnaie ? Oui. Pékin est intervenu à une échellegigantesque pour maintenir son taux de change à un niveau faible. Entre janvier 2000 et fin 2009, les réserves chinoises en devises étrangères ont augmenté de 2 240 milliards de dollars ; après juillet 2008, date à laquelle l'appréciation progressive (entamée trois ans plus tôt) du yuan par rapport au dollar fut stoppée, les réserves chinoises se sont accrues de 600 milliards de dollars. Ellesreprésentent aujourd'hui près de 50 % du produit intérieur brut (PIB). Par ailleurs, un vaste train de mesures a été déployé afin d'amortir les effets inflationnistes de cette intervention.
Ainsi, la Chine a contrôlé à la fois l'appréciation du taux nominal et du taux réel de change. Cela constitue sans conteste une manipulation de la monnaie. Ces mesures relèvent également du protectionnisme,puisqu'elles équivalent à l'instauration d'un droit de douane uniforme et à une subvention aux exportations.
Certains économistes ne voient pourtant pas les choses ainsi et avancent quatre contre-arguments : en premier lieu, si l'intervention est massive, la distorsion reste minime ; deuxièmement, l'impact sur la balance globale des paiements est modeste ; troisièmement, les "déséquilibres" mondiauxn'ont aucune importance ; enfin, le problème, quoique réel, est en passe d'être résolu. Examinons chacun de ces points.
En ce qui concerne le premier, les estimations de l'étendue de la sous-évaluation varient énormément : certains prétendent même que le yuan est surévalué. Cela résulte en partie du recours à des méthodologies différentes - taux de change d'équilibre tendanciel contre parité depouvoir d'achat -, et en partie d'appréciations différentes du point de départ qu'il convient d'adopter. Si, par exemple, la population chinoise était libre d'exporter son épargne, et que le monde était libre d'acheter des actifs chinois, les flux de capitaux seraient certainement très différents.
On peut estimer plausible que la sous-évaluation est considérable, atteignant peut-être les "25 %pondérés sur la base du commerce extérieur et 40 % par rapport au dollar" que suggère Fred Bergsten, du Peterson Institute for International Economics, plutôt que l'estimation de JPMorgan, selon laquelle le taux de change réel pondéré des échanges internationaux n'est que de 10 % supérieur à son niveau moyen depuis le début de 1994, alors que la Chine est l'économie qui a connu la plus forte croissance aumonde sur la période !
Sur le deuxième point, Stephen Roach, de Morgan Stanley, soutient que les différences dans le comportement d'épargne déterminent les balances des comptes courants et que l'excédent chinois ne peut donc déterminer le déficit global des Etats-Unis.
Ni l'un ni l'autre de ces arguments ne me paraissent convaincants. Si la monnaie chinoise influence les taux de change du...
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