Folie

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Folie, Handicap mental, Handicap social?





Annie PEDEVILLA
Praticien Hospitalier
Jean-Luc METGE
Médecin Chef de Service


Tous les malades mentaux ne sont pas des handicapés mentaux...
mais beaucoup le sont devenus.



La folie fut pendant longtemps renfermée dans l'hôpital psychiatrique qui gérait tout autant les troubles psychiatriques que les conséquences sociales deceux-ci. L'institution totalitaire au sens de GOFMAN surinvalidait le malade rentrant dans la carrière hospitalière de la chronicité. Les neuroleptiques sont arrivés mais la politique de secteur prônée par la circulaire du 15 mars 1960 a tardé à se mettre en place, elle a pris son élan dans les années 70.



Cette circulaire est intéressante sur de nombreux points :

- Elle proposait uneorganisation du secteur selon une aire socio-géo-démographique permettant "d'éviter la désadaptation qu'entraîne l'éloignement du malade de son milieu naturel",

- Elle recommandait "l'importance d'une bonne connaissance par l'équipe médico-sociale du milieu économique et social du secteur, pour favoriser l'insertion des malades",

- Elle a été reprise par la circulaire du 14 mars 72 quiinsistait sur les "liaisons utiles" à établir avec tous ceux qui peuvent contribuer à la réadaptation et à la réinsertion des malades (suivait une liste indicative allant des médecins généralistes aux employeurs en passant par les mouvements d'anciens malades).



Les trente années qui ont suivi ont permis un réel développement du Secteur avec une mise en place de structures diversifiées : CMP,hôpitaux de jour, CATTP, appartements associatifs, placements familiaux et d'autres processus d'intégration parfois par les équipes rattachées aux Hôpitaux Généraux.



Parallèlement deux lois venaient favoriser la sortie des malades dans la communauté :

- la loi de 68 sur la protection des biens,

- la loi de 75 sur les handicapés avec la mise en place des COTOREP, octroi de l'AAH etmis en place du travail protégé. Beaucoup de psychiatres à l'époque sont restés très critiques vis à vis de cette loi. Cependant avec le temps les clameurs se sont tues et les psychiatres se sont accommodés de la loi de 75.


Mais à quoi correspond le handicap?



C'est en 1957 (Loi du 23 novembre) qu'apparaît pour la première fois cette notion de handicapé dans la notion de travailleurhandicapé, remplaçant celui d'infirme ou d'invalide, suivie de la Loi du 3 juillet 63 relative aux mineurs infirmes. Ces lois voulaient assurer aux populations considérées la possibilité d'avoir accès aux activités sociales normales (travail et éducation scolaire).



La loi de75 va créer un véritable statut social ouvrant à la possibilité de reconnaissance de Travailleur Handicapé etl'octroi potentiel d'une allocation. En même temps qu'elle a amélioré le sort au quotidien d'une partie de cette population, elle a objectivé l'inadaptation et l'exclusion. Les principes qui avaient procédé à sa mise en place se voulaient dépasser le simple problème de l'incapacité. Elle ouvrait même la voie de l'octroi de l'AAH à des personnes dont l'incapacité permanente n'atteignait pas le pourcentagefixé par le décret mais qui étaient dans l'impossibilité reconnue par la COTOREP de se procurer un emploi compte tenu de son handicap.



Force est de constater que les personnes qui sont rentrées dans ce statut ont rarement eu la possibilité de le quitter et rares sont les personnes qui, malgré certains dispositifs de soutien tels que les dispositifs Heda, ont pu s'intégrer en milieuordinaire et normal. Ainsi, rentrer dans la carrière d'handicapé expose à plusieurs risques, risque inégalitaire (négativité par rapport à une norme), risque d'exclusion (si le handicap est considéré comme définitif), risque de surinvalidation (l'individu est réduit à son handicap).



Et puis en 1988 il y eut la mise en place du RMI, proposition généraliste non catégorielle, induisant une...
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