Football et violence

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  • Publié le : 14 décembre 2010
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FOOTBALL ET VIOLENCE

Introduction : comprendre les phénomènes de violence dans le football, les analyser, expliquer leurs manifestations comme leurs motivations, ne signifie pas pour autant les excuser. Cependant, cela me semble un préalable indispensable pour mieux appréhender l'actualité récente ainsi que le traitement particulièrement important ces derniers temps des phénomènes en questiondans les médias. Être conscient d'un certain nombre de réalités constitue un bagage appréciable avant de pouvoir disserter sur le sujet et d'exprimer une opinion argumentée, qui de toute façon ne peut que difficilement être favorable vis à vis de tels agissements. Essayons, si vous le voulez bien, non pas de répondre à toutes ces problématiques, mais d'au moins débroussailler quelques pistes deréflexion afin de sortir des habituels raccourcis et autres simplifications hâtives.

Definitions :
Les supporters les plus passionnés s'organisent en groupes de supporters officiels ou non-officiels. Ces associations de supporters sont créées afin d'organiser les encouragements. Ces groupes ont plus ou moins de pouvoir : certains vont jusqu'à contrôler en partie la billetterie du stade, d'autresélisent le président de leur club de football. Certains clubs possèdent plusieurs groupes de supporters, parfois plus d'une dizaine.
Parmi ces groupes de supporters, les groupes plus influents sont ceux des supporters Ultras, parfois assimilés aux Hooligans, la distinction entre les deux termes résidant principalement dans l'usage de la violence, caractéristique des seconds.

Pourquoi laviolence dans le football ?

Le sport est peu violent, tant sur le terrain que dans les gradins, si on ose le comparer à ses ancêtres du Moyen-Âge et de l'Antiquité. Pourtant, le sport demeure générateur de violences, à la différence d'autres manifestations populaires comme des meetings politiques ou des concerts de rock. A chaque fois qu'un phénomène de violence se manifeste dans un stade, on fustigecela en disant que c'est totalement contraire à l'éthique sportive et que les auteurs des violences sont des fossoyeurs du sport : "pseudo-supporter", "hooligan" sont quelques uns des termes que l'on retrouve souvent dans l'imaginaire collectif.

Certains sports n’entraînent pas de violences, comme le rugby ou le tennis. Seul le football semble s’accompagner de ces dernières. Y aurait-il unesprit football pourri, contrairement à l’esprit des autres sports qui serait sain ? Le football est le seul sport qui rassemble dans un stade toutes les couches de la société, les femmes, les enfants, les chômeurs, les cadres, etc. De plus, le football est le sport le plus populaire, un des plus pratiqués, un de ceux qui existent à travers la terre entière, quelles que soient les cultures et lescatégories sociales. Comme le rappelle Yves Vargas (in Sport et Philosophie), à Rome, l’amphithéâtre n’était jamais le cadre de violences tandis que le cirque oui, alors que justement, le cirque rassemblait toutes les couches de la société et déplaçait donc les conflits sociaux qui les opposent depuis la rue vers l’enceinte du cirque. Ceci est applicable dans une certaine mesure au football moderne,notamment lorsqu’on connaît les différenciations sociales selon les tribunes, ou bien l’animosité entre supporters selon la place qu’ils occupent dans le stade ainsi que leur âge. Cette violence est, selon l’auteur, le fait non de ce qu’il appelle « l’anti-sport » mais au contraire des « supporters du sport, au sens où le sport est le combat le plus ordonné qui soit, mais il est porté par des foulesanarchiques dans certains cas. »

Ce qui est certain, c'est que le football n'est pas plus intrinsèquement porteur de violence qu'un autre sport. Dans les pays où il est le sport de référence, il entraîne des violences. Mais en Suisse, c'est le hockey sur glace, sport extrêmement populaire, qui engendre des violences. En Grèce, au basket-ball, des groupes de supporters en viennent parfois...
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