Former accompagner

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  • Publié le : 11 avril 2011
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Former à l’accompagnement
Avec tous mes remerciements pour leur collaboration et leur patience à Catherine Deschamps Jean-Claude Cunin Marie-Lyne Girard Yannick Ehrhard

Guillaume CHARRON 26/4/10 21:03
Commentaire: SansCopyright

SOMMAIRE

LCHABROL 26/4/10 21:03
Commentaire: TitreTdm=Préface par JeanClaude Cunin

PREFACE

Quand Marcel Nuss m’a sollicité pour préfacer son ouvragesur l’accompagnement, j’ai longuement hésité. Tellement hésité qu’il a dû maintes fois me relancer pour finalement ne plus me laisser que quarante-huit heures pour rendre ma copie. Bien lui en a pris car peut-être ne me serais-je alors jamais décidé à monter à l’assaut du clavier de l’ordinateur ? À cela, deux raisons : la première, j’avais déjà préfacé son précédent ouvrage consacré à la présence àl’autre. Autant il a toute légitimité à poursuivre son œuvre sur les questions liées aux situations de grande dépendance et aux personnes autrement capables, autant je ne me considérais pas le droit d’envahir ainsi la scène ; la seconde était née de ma lecture des premières pages du livre. Ces pages ne font pas partie intégrante du rapport qu’il a remis au ministre mais elles content les méandresdes démarches qui ont entouré sa naissance. L’eau qui coule dans ces méandres est souvent quelque peu glauque. Le parcours du combattant qui nous a conduits à les franchir nous a souvent fait perdre patience et parfois à ne pas décolérer. Aussi Marcel a-t-il été amené à mettre en cause dans ces premières pages des personnes, voire des personnages que j’ai aussi côtoyés. La première lecture m’agêné et a failli me faire décliner sa demande d’écriture. À la réflexion, je me suis jeté à l’eau pour tenter d’expliquer autrement ce que certains voudront interpréter comme des attaques, voire des règlements de comptes. J’ai compris a posteriori, que ces pages sont l’incarnation de ce que nous avons vécu, deux mondes qui se télescopent, voire deux réalités qui s’affrontent. D’un côté, des membresdes administrations dans toutes leurs composantes, avec leur culture, leurs procédures, leur notion d’un temps intemporel, qui avance à la vitesse de l’écriture d’un décret, des méandres (encore) de leurs amendements dans les différents cabinets, les différentes directions, les différents services, les commissions, les consultations en tout genre… De l’autre côté, la maladie, les situations dehandicap, le quotidien avec ses urgences, ses envies et ses projets que l’on veut réaliser mais qui sont tributaires de moyens, de compensations que l’on doit mendier, attendre, espérer $ et auxquels, parfois, l’on doit $ renoncer. L’urgence c’est aussi malheureusement celle du risque vital, de la canule de trachéotomie qui se bouche au moment inopportun, de l’infirmière qui ne vient qu’à heuresfixes, des heures d’aides humaines que l’on n’a pas et qui vous murent chez vous. C’est dans ces conditions que l’on voudrait que les gens se parlent, se comprennent et que les personnes concernées ne se révoltent pas $ est-ce bien cela ?$ devant le temps perdu, les heures gâchées. C’est pour accompagner cette compréhension que j’ai voulu joindre mon écriture à celle de Marcel, pour expliquer qu’il nefaut lire dans ses propos aucune agressivité, aucune intention de nuire, mais simplement le constat d’une incompréhension entre gens de deux mondes qui cohabitent sans se connaître et sans pouvoir se dire l’essentiel. Celui qui est invisible pour les yeux chez Saint-Exupéry. En écrivant ces lignes me sont alors revenues mes propres impatiences, mes propres révoltes. Plus de trente-six années auxcôtés des personnes handicapées, dont une majorité du temps dans l’accompagnement de personnes atteintes de maladies neuromusculaires, $ qui $ m’ont aussi appris que le temps n’est pas le même pour tous.

Près de vingt ans se sont passés en partie dans des discussions et négociations en tout genre avec les ministères successifs de quelque couleur qu’ils aient été. Je me souviens de ce jour...
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