Fort comme la mort

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 18 (4265 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 20 novembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
FORT COMME LA MORT/ 1er Chapitre

Critiquée et considérée comme une œuvre futile et secondaire de Maupassant, Fort comme la mort , paraît pour la première fois en 1889.
Roman d’un amour impossible, il tente de raconter la déchéance de l’âge, la solitude, l’artiste manqué et attaque la vie mondaine. Tous les thèmes qui sont chers à Maupassant dans les dernières années de sa vie.
Peintreâgé, Olivier Bertin, après avoir eu une liaison de 12 années avec Anne de Guilleroy, tombe éperdument amoureux de la fille de sa maîtresse, qui est la parfaite image d’Anne jeune et qui ramène donc le peintre à sa propre jeunesse.
L’extrait que nous avons à commenter est la scène d’exposition du roman, qui présente les deux amants, leurs vies et leurs relationsCet extrait du roman psychologique estprincipalement une description .
Afin de savoir comment ce premier chapitre comprend tous les éléments constitutifs de l’histoire nous verrons dans un premier temps tout le cadre du roman qui y est présenté, puis de quelle manière les prémices du « drame » apparaissent dans cet extrait et enfin nous montrerons de quelle manière tous les grands thèmes abordés par Maupassant dans ce roman sont déjàannoncés.

Dès le début du texte, la nature est présente (« baie ouverte », « grand carré de lumière », « trou », « infini lointain » page 31), mais elle est l’espace de rêverie où l’imagination s’échappe pour rêver d’un ailleurs, d’une vie meilleure alors que le corps, lui, est pris au piège dans l’appartement et dans sa vie médiocre. Cette nature symbolise l’inconnu qu’Olivier désire. Cetespace infini et inconnu appelle le futur du peintre, il représente en quelque sorte sa future crise amoureuse pour Annette. D’ailleurs, Annette est représentée par cette nature « libre et remuante » (p.39), cette Nature qui est généreuse avec elle, révélant sa beauté, et cruelle avec Anne car elle est plus forte que tous les fards et révèle son vieillissement. De plus, pour renforcer cette idée,la plupart des scènes où le désir qu’éprouve Olivier Bertin pour cette jeune fille éclate au grand jour se passent en extérieur, dans une nature verdoyante et féconde (la scène de ballade dans le parc à Paris, la scène de la partie de lawn tennis à Roncières…). Page 39, la comparaison faite entre la campagne « libre et remuante » et Paris qui n’offre qu’une « vie cloîtrée » montre bien lecontraste de ces deux atmosphères, dans tout le roman, la campagne et la nature sont montrées comme un espace de liberté où l’être peut s’exprimer et se faire voir tandis que la ville et plus particulièrement les appartements sont des lieux très codifiés où seul le statut social se dévoile et où l’on doit agir comme les autres membres de ce monde l’attendent de vous. Dans cette scène d’exposition,l’appartement est un lieu où on étouffe, c’est un lieu qui meurt comme son propriétaire, c’est un lieu d’apparence. Mais les appartements sont aussi le symbole d’Anne, grâce notamment à leur intimité, leur obscurité qui lui permettent de se cacher et de faire croire à la survie de sa grande beauté. De plus c’est le lieu où est exposé le symbole de cette beauté et de l’amour du peintre pour sa maîtresse :son portrait. Cette œuvre d’art par laquelle tout à commencé et par laquelle le trouble du peintre pour Annette sera exacerbé.

L’art et l’amour sont extrêmement liés dans ce roman, et cela se profile dès ce premier chapitre. L’amour que le peintre porte pour Any est symbolisé par le portrait qu’il a fait d’elle (c’est d’ailleurs parce qu’il avait été ébloui par sa beauté qu’il avait voulu lapeindre et c’est pendant la réalisation de ce portrait qu’ils se sont séduits et ont débuté leur liaison), fait qui se révèle dans cette scène d’exposition par l’affirmation métaphorique d’Olivier p.37 « on ne fait pas deux fois un portrait d’Any » qui sous entend qu’il n’y a qu’un grand amour dans une vie. En cherchant un nouveau sujet de tableau, c’est en fait un nouvel amour qu’il cherche...
tracking img