Four roses for lucienne

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  • Publié le : 24 juin 2010
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FOUR ROSES FOR LUCIENNE

Roland Topor est un des créateurs du mouvement Panique qui représente l’être humain à l’aide des procédés tels que : animalité, chaos, rêve, inconscient, monstrueux, quête expressive. La nouvelle Four roses for Lucienne, issue du recueil de Roland Topor au même titre, rassemble ces idées. La nouvelle décrit un moment de rupture dans la vie monotone et frustranted’un mariage. La femme change d’une femme complètement asexuelle à une véritable beauté ce qui mène le narrateur aux réflexions plus profondes sur la beauté et le quotidien tout en restant dans la convention du conte.
Dès le début on a l’impression que l’apparence physique représente pour le narrateur quelque chose de très important dont la preuve est l’insistance mise sur le sens de lavue dont le champ lexical constitue un véritable réseau (« regarder », « yeux rond », « voir », « les yeux », « des yeux », « en te regardant », « dévisager », « apercevoir », « voir », « miroir », « montrer », « la vue de mes yeux ») ainsi que le mot « belle » qui est répété beaucoup de fois, parfois même dans la même phrase(p.ex. « Je suis belle, je suis belle, je suis belle, je suis belle,belle, belle, belle, bellllllle ! » ). Sa femme partage l’obsession de son mari et c’est pourquoi elle se sent inacceptée et inappréciée. C’est le pivot de querelle parmi les conjoints et leur problème principal (p.ex. « Je me retournai tout d’une pièce pour lui jeter une remarque cinglante sur son sex-appeal » – le mari se sent comme un être dominant et supérieur). Ils perçoivent la laideur deLucienne comme leur majeur ennemi.
Pour décrire la laideur de Lucienne, le narrateur se sert du vocabulaire péjoratif– « pauvre », « laide », « odieuse présence », « adipeux », « mauvais », « laid », « ingrat », « repoussant », « ronflant », « dégout », « intolérable ». Il la décrit à l ‘aide de la technique classique utilisée par les troubadours mais complètement renversée et ironique. Il ladécrit de la tête aux pieds : « Des traits grossiers, un nez immense, des cheveux filasses, des seins en berne, des jambes s’évasant dans le mauvais sens, et dans tout ce gros corps adipeux, pas un atome de charme ». L’apogée de la description méprisante est atteint avec le mot hyperbolique : « monstre ». Son dégoût le mène jusqu’à l’exagération : « Il me faudrait éviter de la regarder pour ne pasfaire des cauchemars la nuit ». Après la transformation de Lucienne l´attitude du narrateur change radicalement. Dès qu´elle est belle il n´ironise plus – « elle fit une drôle de petite grimace », « Lucienne leva vers moi des yeux pleins de reproche ». Le vocabulaire qu´il utilise pour la décrire passe d´une extrémité à l´autre. Ce changement est bien visible dans les expressions du type : « elleétait d’une beauté à vous couper le souffle », « Tu es belle, si belle, tu ne peux pas comprendre, on voudrait mourir en te regardant ». Sa description devient une éloge. Il multiplie les métaphores et les épithètes en se transformant d´un homme frustré par sa propre vie en poète le plus sophistiqué : « Des perles s’échappaient de ses yeux de porcelaine bleue, ses lèvres pleines et rouges palpitaientcomme des fruits bibliques, sa poitrine ferme se soulevait d’adorable façon. Des cheveux d’or nimbaient son visage d’un halo cinématographique ». Le lexique laudatif continue dans les paragraphes suivants : « exquise », « délicate », « émouvante », « créature de rêve », « En même temps elle chantait , la voix entrecoupée de sanglots et de hoquets ».
En ce qui concerne Lucienne, elle se sentinférieure. Elle est parfaitement consciente de son manque de charme, mais l’impossibilité d’agir contre cet état de choses la déséspère. On observe alors que c’est le problème qui cause toute sorte d’émotions extrêmes – du dégoût total lorsque Lucienne est laide (« monstre », « Il me faudrait éviter de la regarder pour ne pas faire des cauchemars la nuit » et les adjectifs péjoratifs)...
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