Français "amphytrion38"

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  • Publié le : 12 septembre 2009
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FRANÇAIS

Depuis la Renaissance, le théâtre évolue vers une reconstitution de plus en plus scrupuleuse de la réalité. Alors que cette recherche du réalisme atteint son apogée à la fin du XIXe siècle, on assiste au XXe siècle à un revirement surprenant des dramaturges, qui souhaitent revenir à un art théâtral classique, historique et antiréaliste.
Des auteurs comme Jean Anouilh,Henry de Montherlant, ou encore Jean Giraudoux, proposent alors une réactualisation des thèmes mythologiques.
Jean Giraudoux qui est, pendant la période de « l’entre-deux-guerres»,  un des plus grands dramaturges de la scène française, est très influencé par la tragédie grecque antique. Préférant de beaucoup réinterpréter des thèmes connus en y apportant son style un peu moderne, ilconnaît alors de véritables succès auprès du public, notamment, grâce à sa pièce de théâtre mythologique, « Amphitryon 38 ».
Mais cette pièce réactualisée en 1929 n’est-elle pas porteuse d’un double message?
D’emblé nous pourrons voir, au travers de cette pièce, une scène argumentative et comique pointée d’ironie. Sans oublier, en arrière plan, l’étude de l’évolution morale des caractèresdes deux personnages.

« L’acte II, scène 2 » de la pièce « Amphitryon 38 » de Jean Giraudoux, est une scène théâtrale qui repose sur un dialogue, entre un dieu « Jupiter » et une mortelle « Alcmène ». Cette scène appartient au registre argumentatif et au registre comique basé sur un quiproquo, le tout relevé par une pointe d’ironie.
Dans une pièce de théâtre, il n’y a pas denarrateur pour raconter les faits, et ce sont les personnages qui prennent en charge l’énonciation. Dans cette scène, le dialogue se tient entre « Jupiter » et « Alcmène » et est au style direct, rendant la pièce vivante, et réelle.
Généralement, le dialogue possède un intérêt et dans cette scène, il prend un sens argumentatif.
En effet, au théâtre, le dialogue argumentatif relate leséchanges verbaux des personnages et s'identifie par la présence d’une répartie. Ce dialogue alors appelé « dialogue d’idée » permet, comme dans cette scène, de faire une « pause », et aux personnages en présence, de confronter et d’opposer leurs opinions et leurs arguments.
Dans ce passage, « Alcmène » conteste l’adjectif «  divine » qu’attribue « Jupiter » - sous la forme d’Amphitryon - à lanuit qu’ils viennent de passer ensemble. Pour elle, ce mot « divin, est vraiment hors d’usage », tandis que pour lui, l’adjectif était sensé la mettre sur la voie, pour qu’elle comprenne qu’il était un Dieu.
Le mot « divin » devient donc le pivot de cette scène, et laisse place à des argumentations et à des contestations.
Entre ces deux personnages, le dialogue prend alors un registrepolémique. Ce registre s’appuie dans ce texte sur la figure d’insistance d’énumération comme, « le mot parfait, le mot charmant, le mot agréable », ainsi que sur des phrases exclamatives, comme « je dis divine ! » ou encore « voila notre nuit la plus agréable et pas une autre ! ».
Enfin, on peut remarquer que dans cette scène, « Jupiter » impose ses idées avec assurance comme « alors la plusagréable de toutes nos nuits, n’est ce pas de beaucoup ? » tandis qu’« Alcmène » se sert d’illustrations pour chaque arguments qu’elle défend, comme « Et la nuit où un grand incendie se déclara dans Thèbes… » ou encore « Celle d’avant-hier, quand tu sauvas un enfant de la mer… »
En somme, dans ce texte, la finalité de l’argumentation est de convaincre l’un des personnages à adhérer à la thèse adverseet ce de divers moyens.
Par ailleurs, bien que ce passage soit de nature argumentative, il apparaît évident que la répartie qui s’installe entre les deux personnages principaux donne au dialogue une forme comique.
Dans cette scène, le registre comique se définit comme un comique de mot et nous renvoie encore une fois au mot « divin ». Ce comique se caractérise alors par...