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PIERRE NARBONNE, Journal des règnes de Louis XIV et Louis XV : de l'année 1701 à l'année 1744, Paris, A. Durand, 1866, p. 400 :
« Le 8 août 1736, S. A. R. Mme la duchesse d'Orléans donna un souper à la Reine, dans un fort joli salon qu'elle a fait faire à Chaillot, sur le bord du chemin. Ce fut une véritable fête. On tira l'oie sur la rivière. Il y eut des concerts de musique, symphonies,tambourins et musettes.
La table de la Reine était de quinze couverts. Il y avait une chère excellente, tant en gras qu'en maigre, mais le service s'y fit sans beaucoup d'ordre, par la faute des officiers.
Vers minuit on tira un feu d'artifice assez médiocre. Les Parisiens, grands amateurs de nouveautés, y étaient on grand nombre, et l'île Maquerelle était remplie du plus petit comme du plus grandmonde.
Les chaises de paille y furent louées jusqu'à cent sous la pièce. Il y avait dans l'île plus de trois mille carrosses remplis de gens de toutes conditions. Ce grand concours de monde formait un très beau coup d'œil. »
M. THIERY, Guide des Amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, tome II, Paris, Hardouin et Gattey, 1787, p. 620-621. :
« Triperie nouvelle, ou établissement de lacuisson des abattis des bœufs, vches et moutons. C'est derrière le bâtiment des pompes à feu de MM. Perrier frères, qu'est situé, à la pointe du terrain formée jadis par l'Isle des Cygnes, donc on a comblé le bras de rivière, l’établissement où se fait la préparation et cuisson des abattis de bœufs, vaches et moutons qui se faisaient jadis à 1’Apport-Paris, par 12 particuliers nommés Cuiseurs. Aumoyen de la translation de cet établissement dans ce nouvel emplacement, par arrêt du Conseil du 15 janvier 1766, revêtu de Lettres-Patentes du 29 du même mois, enregistrées au Parlement le 16 uillet suivant, on a éloigné du sein de Paris une manutention incommode et même dangereuse. II se soutient avec avantage par la régularité et l'exactitude de son service, qui consiste à aller chercher chez lesbouchers tous les abattis, les laver, préparer et cuire, et les rapporter ensuite dans l'ancienne halle aux cuirs, où se rendent les femmes tripières, pour recevoir chacune la quantité d'abatis qui leur revient, d'après leurs achats chez les bouchers. Elles paient à l’établissement de la cuisson, six sols par abattis de bœufs ; dix-huit deniers par abattis de moutons ; vingt-cinq sols pour lafaçon de 400 pieds de moutons ; en outre les pieds de bœufs restent à l'établissement pour le surplus de prix de cuisson, que les tripières ne paient point. C'est de ces pieds que l'on tire une huile qui ne donne ni odeur, ni fumée, et qui est supérieure, pour la friture, à la meilleure huile d'olive. On doit cette découverte aux soins et au travail de ceux qui sont chargés de la régie de cetéablissement qui est sous les ordres de M. le Lieutenant-Général de Police et surveillé par un commissaire et un inspecteur de Police. »
L'île des Cygnes était une île de la Seine, à proximité de la rive gauche et des Invalides, formée par la réunion de plusieurs îlots – l'île de Grenelle, l'île des Treilles, l'île de Jérusalem, l'île de Longchamp et l'île aux Vaches. Elle n'était séparée de la rive duGros-Caillou que par un mince courant d'eau. Au début du XVIe siècle, elle s'appelait île Maquerelle. L'origine de cette dénomination reste obscure. Certains pensent que le mot "maquerelle" vient de la situation de l'île, qui favorisait les rendez-vous galants. Jaillot, qui refuse cette interprétation, écrit en 1775 : « peut-être [l'île] a-t-elle servi de rendez-vous pour terminer, par le duel, desquerelles particulières », mais, écrit-il, « en ce cas on aurait dû écrire Ma - Querelle ».
Ce fut d'abord un espace agricole, à l’extérieur de Paris : pendant des siècles, les paysans y ont fait paître des vaches en contrepartie du paiement d’une redevance à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, toute proche.
En 1676, afin d'embellir la capitale, Louis XIV y avait introduit quarante cygnes,...
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