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André Durand présente

Charles BAUDELAIRE

(France)

(1821-1867)

[pic]

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
qui sont résumées et commentées
(surtout ‘’Les fleurs du mal’’ et ‘’Petits poèmes en prose’’).

Bonne lecture !

Son père, Joseph-François Baudelaire avait été le précepteur des enfants du duc de Choiseul-Praslin, avait été marquépar la fréquentation des philosophes d'Auteuil, avait été un prêtre que la Révolution avait défroqué ; puis il était devenu chef de bureau à la Chambre des Pairs ; enfin, retraité dans l'aisance, il était peintre amateur à ses heures. Il avait, en 1819, à l’âge de soixante ans, épousé en secondes noces Caroline Archembaut-Dufays, qui en avait vingt-six et qui était sans fortune. Charles-Pierre futle fils unique de cette union mal assortie. Il avait six ans lorsqu'en février 1827, il perdit son père. Fut alors fini le temps du bonheur : «Ma vie a été damnée dès le commencement».
Le deuil de la jeune veuve, dans la chère petite maison de Neuilly, n'excéda pas un an. Le 8 novembre 1828, elle se remaria avec un brillant officier de trente-neuf ans, le commandant chef de bataillon, JacquesAupick, un homme sévère. Charles Baudelaire, qui n’avait donc que sept ans, ressentit déjà «un sentiment de destinée éternellement solitaire», d’autant plus qu’il fut mis en pension : à Lyon, parce que son beau-père y fut nommé chef d'état-major de la 7e division militaire ; à Louis-le-Grand, quand le colonel Aupick fut muté à Paris ; dans la Pension Bailly de la rue de l'Estrapade après son renvoidu lycée. L'écolier passa par les crises de mélancolie et d'indiscipline des enfants mal aimés. À dix-huit ans, cependant, il fut bachelier, tandis qu’Aupick devint général. Il «voyait» très bien son beau-fils dans la diplomatie. Mais, pour combattre l'usurpateur du foyer, le garçon, qui cherchait à lui déplaire, qui était révolté contre sa bourgeoise famille, mena une vie de bohème, fréquentantgrisettes et artistes (Balzac et Nerval), affirmant qu'il ne voulait être qu'écrivain. Un conseil de famille préconisa l'éloignement.
Le 9 juin 1841, l’adolescent fut embarqué, pour dix mois, sur un voilier qui le conduisit jusqu’à l’île Bourbon (aujourd’hui, la Réunion). Avoir vingt ans dans les bras d'une Malabaraise, dans la luxuriance des tropiques était le paradis, et il en rapporta lanostalgie de l’exotisme. Mais il devait ce paradis à Aupick. Aussi, échappant à la surveillance du capitaine à qui on l'avait confié, l'adolescent furieux, par Ceylan et Colombo, sans doute, se hâta de regagner Paris où il arriva un beau matin de 1842 pour réclamer la fortune de son père : il était majeur.
Il abandonna le foyer Aupick et vécut en dandy outrancier, gaspillant l'argent à flots. Mais lescomptes de tutelle n'en finissant pas, il puisait chez les usuriers. La ronde impressionnante de ses changements de domicile commença. Il rencontra celle dont, malgré les ruptures, il ne se détacha jamais, la mulâtresse Jeanne Duval, «la Vénus noire» qui lui inspirait amour et haine du fait de son caractère volage, mais dont maints poèmes célébrèrent la «ténébreuse beauté». Il écrivit ses premierspoèmes et des articles que les journaux lui refusèrent.
Devant l'ampleur et la rapidité de ses dettes, sa mère, scandalisée et effrayée, approuvée par le conseil de famille engagea, en 1845, une procédure pour le nantir d'un conseil judiciaire. Il n’allait jamais guérir de cette atteinte morale. Dès lors, son dégoût du monde contemporain et un «spleen» profond (aggravé par l’angoisse morbide del’impuissance créatrice et l’obsession de la vieillesse puis de la mort : «C’est la mort qui console, hélas, et qui fait vivre...») poussèrent le poète à rechercher l’évasion sous toutes ses formes, affichant «la supériorité aristocratique de son esprit» par un dandysme délibéré ou une consommation d’excitants et de drogues.
Il fit, sous la signature Baudelaire-Dufays, paraître son premier...
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