Fusion ona-sni

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AFP / PHOTOMONTAGE TELQUEL

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BIG BANG ROYAL
Fusion de l’ONA et de la SNI, retrait de la Bourse et cession d’un paquet de filiales… Avec un coût estimé de 24 milliards de dirhams, c’est le plus gros chamboulement capitalistique que le Maroc ait jamais connu. Enquête et explications.
PAR FAHD IRAQI AVEC MEHDI MICHBAL
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TELQUEL 3 AU 9 AVRIL 2010e 25 mars, au siège casablancais de l’ONA, c’est jour de conseil d’administration, sous la houlette du PDG Mouatassim Belghazi. Mounir Majidi, secrétaire particulier de Mohammed VI et administrateur du groupe au nom de Siger, la société de participations royale, est-il là ? Même si aucun des administrateurs de l’ONA ne nous l’a formellement confirmé (étrangement, tous leurs portables étaient sursilencieux cette semaine), la présence du vrai patron des holdings royaux ne fait que peu de doute. C’est que le conseil de ce jeudi est exceptionnel. La rumeur enflait depuis quelques jours déjà : la fusion de l’ONA et de la SNI, sa maison-mère, va être officiellement annoncée. Et c’est bien de cela qu’il s’agit – en partie : une opération gigantesque qui se chiffre en milliards de dirhams,séquencée en trois phases. D’abord un retrait des deux holdings de la Bourse de Casablanca ; ensuite, leur fusion ; et enfin, la cession d’une partie de leurs actifs. Un mot : waw ! C’est sans aucun doute la plus grosse opération capitalistique que le Maroc ait jamais connue. Hormis les initiateurs de l’opération, c’est à dire les représentants de Siger (son DG Hassan Bouhemmou est aussi PDG de la SNI),aucun administrateur du groupe royal n’était au parfum. “Pour des raisons évidentes de déontologie et d’efficacité, ce genre de projet ne peut être débattu en dehors d’un conseil d’administration. Il a été donc présenté aux actionnaires, pour la première fois, le 25 mars”, a déclaré à TelQuel Mouatassim Belghazi, avec une franchise qui force l’admiration. Le lendemain, dès l’ouverture du marché,la communauté des traders découvre, stupéfaite, que les actions de l’ONA, de la SNI, et de leur dizaine de filiales inscrites en Bourse, sont suspendues de la cote. “On avait tous les yeux rivés sur Internet, raconte un trader. On attendait qu’un communiqué tombe pour comprendre ce qui se passe”. Il tombera, sur le site de l’agence officielle MAP, bien entendu, à 11h43 très précisément. Dès lors,les téléphones s’affolent, et la même question fuse de tous les côtés : depuis quand travaillent-ils sur ce montage inouï ? “Nous avons commencé à étudier les scénarios au début de l’année 2010, nous répond Belghazi. Mais l’opération de réorganisation est l’aboutissement d’un long processus de maturation datant de plusieurs années”. Le PDG de l’ONA a raison : pour comprendre la logique de cetteméga-opération, il faut remonter...11 ans en arrière.

Star incontestable de la Bourse, le groupe ONA sera bientôt retiré de la cote.

Hormis les représentants de Siger, aucun administrateur du groupe royal n’était au courant de ce qui se préparait.
Une fusion attendue depuis 11 ans
Tout commence en juillet 1999, quand la Société nationale d’investissement (SNI), holding industriel auportefeuille de participations bien garni (Sonasid, Lafarge, Brasseries du Maroc…) tombe dans l’escarcelle de l’ONA. Une prise de contrôle pour laquelle il a fallu batailler dur sur le front boursier – notamment contre le banquier Othman Benjelloun, qui n’hésitait pas à surenchérir pour rafler tous les titres SNI en circulation (lire encadré p. 22). L’ONA, qui finit par remporter le combat aux points, seretrouve majoritaire dans le capital de la SNI. Dès cette époque, l’idée de fusionner les deux holdings commence à faire son chemin. Le scénario est sérieusement étudié par l’état-major de l’ONA. “Evidemment, nous avons creusé cette piste, raconte cet ancien du holding royal. Mais nous avons été découragés par le coût fiscal énorme de l’opération, et surtout par le risque, pour l’actionnaire de...
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