Gabrielle wittkop

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  • Publié le : 2 juin 2010
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Mon rêve
J'ai rêvé d’une dame dont j’avais traduit les romans. Tiens, je me demande, s'il arrive à mon amie qui traduit Gérard Reve de rêver de ce hollandais avec un nom dont l'origine semblegauloise - de ce vagabond qui divague et délire. Je suppose que ce serait plus harmonieux de dire: j'ai rêvé de Reve (attention : la dernière voyelle se prononce !) Mais non, moi j'ai rêvé d’une dame dontle nom d’épouse (d’un mariage plutôt blanc) et de plume était purement germanique: Wittkop, bien que la petite Gabrielle Ménardeau eût vu le jour et grandi à Nantes.
Quand j’ai fait mon rêve, je nedormais pas. En fait, je flottais sur un lac, ne pouvant ni descendre dans le fond, ni sortir de ces eaux impénétrables et lourdes. Je me rendais compte de l’absurdité de ma situation, mais j’étaisincapable de faire quoi que ce soit pour sortir de cette stupeur dense et monotone. Soudain, j'aperçus une île nue et apparemment déserte, mais une vieille femme solitaire s'y trouvait: elle avait unvisage exactement comme sur les photos noir et blanc que j’avais vues sur Internet. Son visage était beau, mais ridé et froid. Elle était là, toute seule, avec sa tenue élégante. Elle était assise d'unemanière pittoresque sur les pierres grises, sous le ciel décoloré, entourée de flots de la couleur du plomb, semblable à la grisaille. Elle regardait bien devant elle, sans m’apercevoir apparamment,mais je savais aussi qu’elle était parfaitement consciente de ma présence et qu’on pouvait se contacter directement, en pensée, sans même ouvrir la bouche. D’ailleurs, j’y étais accoutumée, sauf quejusque-là, c’était un rapport à sens unique. Et dire que maintenant je pouvais lui communiquer tout ce que je pensais d’elle – c’est-à-dire comment elle m’emmerdait avec son œuvre ! Je ne savais pas quedire ou que penser. Si je lui avais exprimé ce dégoût et ce mépris que j’éprouvais envers ses écrivasseries, elle en aurait vraiment été contente et c’était ce que je désirais le moins.
Je flottais...
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