Gardenia.

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  • Publié le : 5 avril 2011
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Le jardin d'hier et d'aujourd'hui.

Vendredi 7 janvier, la classe de première L1 option théâtre du lycée Voltaire s'est rendue à la représentation de Gardenia.
Ce spectacle de danse, dont le chorégraphe est Alain Patel et le metteur en scène Frank Van Laecke, est né de l'idée de Vanessa Van Durme, protagoniste de la pièce. En effet cette actrice transexuelle a proposé le projet« Gardenia » suite au documentaire « Yo soy asi » de Sonia Herman Dolz, qui raconte la fermeture d'un cabaret de travesties à Barcelone. Ayant déjà collaboré avec Alain Patel dans Tous des indiens et avec Frank Van Laecke (à qui elle doit la mise en scène de son solo qui fera le tour du monde: « Regarde maman, je danse »), elle décide de leur faire part de son projet. Nous assistons donc à la dernièrereprésentation d'un cabaret, où passé et présent se mèlent. Jeunesse, vieillesse rien n'est plus illusoire . Vanessa impose au public, complaisant, une minute de silence pour les « chers disparus »..
Le ton est donné, celui de l'auto-dérision.

Comment dans ce Spectacle sont associés l'art de la danse et l'art du théâtre?

Ce spectacle, même s'il met plus en avant son côté art de la danse, restemalgrè tout une pièce théâtrale. Cette idée peut se justifier par les changements de costumes qui ont lieu sous nos yeux. En effet , dans la première partie du spectacle les artistes sont transcendés, lentement ils s'habillent de petites robes fraiches, comme une première transition avant la métamorphose finale. Ils nous entrainent dans un autre univers, plus doux, plus idyllique. Le spectateur en vientmême à oublier l'outrage du temps qui file comme une gardenia (fleur qui ne dure qu'une journée),les fracas de la vie, les corps usés. Les neuf personnages mis en scène (tous anciens travesties ou transexuels désormais rangés) arrivent tout d'abord de façon disgracieuse. Ils avancent d'une démarche boîteuse vers ce qui deviendra leur « ultime représentation ». En effet c'est sur ce sentiment quece base tout le spectacle. Les personnages étant pour la quasi totalité des sexagénaires , ils expriment avec leurs « corps usés » et à travers une chorégraphie minimale d'Alain Patel la solitude dans laquelle enferme cette vieillesse mais aussi, et surtout de la mort qui approche. A cette proximité de la mort s'oppose la première impression d'oubli de la fuite du temps ressentie lors despremieres minutes de spectacle. Le spectateur est donc amenè à réflechir sur sa situation personnelle: « Suis-je dans l'oubli de cette course du temps ou bien suis-je au contraire obsédé par celle-ci? ». Malgré cette obscure moralité, Gardenia n'en n'est pas pour autant un spectacle larmoyant. Malgré que le spectateur soit touché par ce qu'il a vu, il en ressort avec une joie interieure. On peutici en ressortir le topos du carpe diem, topos très utilisé dans le domaine théâtral.
La métamorphose commence. C'était magnifique de voir ces neufs personnages aux corps abîmés par le temps, quitter peu à peu leur costume cravate pour revêtir les robes à paillettes de stars mythiques. Les robes fluettes à fleurs faisaient référence au titre (également nom d'une fleur). Les personnages étaientdonc comme des fleurs dans un jardin. Les scènes se succèdent, entrecoupées « d'arrêts sur images », dont on s'amuse beaucoup, lentement, comme un long effeuillage minutieux, la transformation s'opère. Chaque phase de la transformation est magnifiée encensée par la mise en scène  mais aussi par le plaisir que ces artistes prennent dans ce « jeu » de la transformation, du maquillage,de lareprésentation. A ce trouble temporel s'ajoute également le trouble des sexes. En effet cette transformation progressive des personnages qui passent d'un costume exclusivement masculin (même la femme née femme) a des costumes exclusivement féminin, de cabaret. Avec le maquillage et les perruques, le spectateur ne discerne plus les sexe. On peut également extraire ici une question existencielle...
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