Gargantua

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  • Publié le : 13 avril 2010
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Rabelais, Gargantua, V. Comment Gargantua nasquit en faczon bien estrange. (Pocket, pages 74 et 76)
(depuis – Couraige, couraige ! jusqu’à leurs enfants par l’aureille.)

Questions : a) La structure du passage (début narratif : conn. temporels, passé simple, dialogue ; fin intrusion d’auteur : présent de vérité générale et d’énonciation, conn. logiques)
b) Le registre comique(révisions : comique de farce, de situation, de caractère, de mœurs, verbal)

I. Première partie : le récit de la naissance de Gargantua.
1) La parodie du roman de chevalerie.
La naissance d’un héros épique fait toujours intervenir des éléments miraculeux ; ces éléments sont ici en décalage par leur nature comique (les circonstances de la naissance de l’enfant, son premier cri : à boyre !). Le« merveilleux » n’est pas ici d’origine divine, mais la plus grossièrement animale : c’est sous le signe de la tripe, de la merde et de l’ivrognerie que naît le héros !
⇒ Détournement burlesque.

2) La verve du conteur.
a) Enonciation : à la manière du conteur oral traditionnel, le narrateur intervient dans sa narration pour la commenter (dont avons parlé cy dessus), solliciter l’imagination deson public en l’impliquant dans la scène (vous les eussiez eslargiz), ou pour souligner certains effets (un restrinctif si horrible ; chose bien horrible à penser).
b) Un vocabulaire pittoresque. Proverbes ( laissez faire aux quatre bœufs de davant = image de lenteur et de force) ; régionalismes (veguade = un coup à boire, mot gascon) ; expression populaires (huschant en paulme = héler enmettant ses mains en porte-voix ; le fondement qui luy escappoit, expression récurrente chez Rabelais pour désigner la diarrhée) ; onomatopées (Mies ! Mies !). La platitude de la « traduction » de notre édition fait bien ressortir la saveur du texte original…
c) Des allusions satiriques traditionnelles.
- l’égoïsme masculin : malgré ses assurances répétées, Grangousier ne se dérange pas lorsqueGargamelle commence à lamenter et cryer !
- le bavardage féminin : allusion à l’histoire traditionnelle des deux Gualoises.
⇒ Procédés traditionnels du conteur oral qui cherche à soutenir l’attention de son auditoire et à le faire réagir.

3) Un humour de carabin.
a) La compétence médicale.
Vocabulaire technique de la médecine (un restrinctif ; ses larrys) et de l’anatomie (lescotylédons de la matrice ; la vene creuse ; le diaphragme) : le docteur Rabelais semble décrire une opération chirurgicale, et rappelle son infériorité au simple lecteur en « traduisant » d’un air dégoûté certains termes en langage profane (lequel vous appelez le boyau cullier). Par ce vocabulaire spécialisé, en décalage avec l’impossibilité physique de ce qu’il raconte, Rabelais obtient un effetcomique supplémentaire.
b) La satire de l’incompétence des sages-femmes du Moyen-âge.
En tant que médecin, Rabelais règle ses comptes avec les sages-femmes traditionnelles, dont il montre l’empressement intéressé (à tas, de tous coustez), la vieillesse, la laideur, l’absence de formation (il n’y a pas de faculté de médecine à Brizepaille d’auprès de Sainctgenou !) et l’incompétence :- leurs méthodes : elles tâtent, elles goûtent, mais elles se trompent d’endroit !
- leur diagnostic : elles prennent ce qu’elles trouvent pour un nouveau-né !;
- leur traitement : dans l’état de Gargamelle, ce restrinctif est une aberration médicale.
c) La scatologie.
Il est traditionnel que les étudiants en médecine s’épaississent le cuir et soulagent leur « stress » enplaisantant – entre eux ! – avec les misères physiques qu’ils côtoient. Rabelais s’amuse ici à choquer délibérément le lecteur et à obtenir de lui une réaction de dégoût. Ainsi, il suggère deux fois une liaison buccale avec les saletés dont il est question : les sages-femmes trouvent les pellauderies assez de maulvais goust (elles les ont donc portées à la bouche !) ; le lecteur est invité à...
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