Gargantua

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  • Publié le : 9 mai 2010
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Introduction De l’avis de tous les commentateurs et critiques qui ont cherché à comprendre l’œuvre de Rabelais, celui-ci illustre magnifiquement le siècle de la Renaissance dans lequel il s’insère par sa saga de bons géants vivant dans un monde en perpétuel changement, devisant et ripaillant avec bonne humeur.
Rabelais donne lui-même aux lecteurs, dans le prologue du Gargantua, le moded’emploi pour « être faictz escors et preux à ladite lecture ». Il s’agit selon lui de « sentir et estimer ces beaulx livres de haulte gresse », « puis, par curieuse leçon et méditation frequente, rompre l’os et sugcer la substantificque mouelle », car nous dit-il « en icelle [lecture] bien aultre goust trouverez et doctrine plus absconce, laquelle vous revelera de très haultz sacremens et mystereshorrificques, tant en ce qui concerne nostre religion que aussi l’estat politicq et vie oeconomique ».
Aussi bien, Rabelais nous invite lui-même à voir dans son œuvre un sens caché qu’il nous appartient de décrypter. On ne peut donc que souscrire à l’analyse de Michel Jeanneret qui invite à lire Gargantua comme une construction rabelaisienne offrant « des représentations symboliques » qui exprimentdans « un langage figuré » les « enjeux fondamentaux » du siècle de la Renaissance et de l’Humanisme. Et c’est là, selon Michel Jeanneret, tout l’art de Rabelais. Michel Jeanneret dit en effet de Rabelais et de son œuvre : « Ce que je sais, c’est qu’un artiste de sa trempe construit des représentations symboliques capables d’exprimer, dans leur langage figuré, tel enjeu fondamental de son époque ».Il s’agit donc, pour ce qui est de notre réflexion, de nous interroger sur ce qui fait le génie littéraire de Rabelais en montrant comment il a enfoui la « substantificque mouelle » de sa réflexion et de sa pensée dans un récit inventif aux accents burlesques.
Après avoir, dans un premier temps, montré en quoi il rend compte dans son œuvre de son siècle, de ses interrogations, de ses débats,nous analyserons dans un deuxième temps comment le Gargantua met ce sens en œuvre par le biais d’un récit imaginatif qui offre au lecteur un ensemble de métaphores, de symboles, d’allégories qu’il faut décrypter. Mais au-delà de ces constructions figurées qui sont langage, n’est-ce pas le langage même de Rabelais, la poétique élaborée, qui font de son œuvre un récit métaphorique, riche etcomplexe qui résiste à l’interprétation ?
{text:bookmark} I. Une œuvre emblématique de son siècle 1. Dans Gargantua, Rabelais reprend les grands thèmes de son temps qui ont nourri la réflexion de tous les penseurs de la Renaissance, qu’ils soient érudits humanistes, hommes de lettres ou poètes. L’éducation La question de l’éducation est particulièrement développée dans la deuxième partie deGargantua. Rabelais reprend un grand thème de son temps et le développe selon plusieurs perspectives :
{draw:frame} Tout d’abord selon une dimension critique
Parodie de l’art sophistique
Caricature des érudits de Sorbonne
{text:soft-page-break} {draw:frame} Il développe également un programme utopique
Ce projet est pour Rabelais lui-même non réalisable par définition ets’inscrit dans la fiction gigantale
Mais il rend compte aussi de ce que l’humanisme est en soi utopie.
La politique, ou l’art de bien gouverner Il faut analyser ici la figure de Grandgousier qui fonctionne en contre-point par rapport à la figure de Picrochole et permet de mettre en place une réflexion sur l’art de bien gouverner. En effet, Grandgousier :
s’entoure de bons conseillersa l’art de la mesure
a un sens de l’action : il sait passer à l’action quand nécessaire
Grandgousier est ainsi la figure du bon gouvernant qui s’inscrit dans la réflexion du temps, en écho avec Le Prince de Machiavel. On découvre par ce biais la dimension polémique du roman de Rabelais : Grandgousier est un contre-point à l’action de Charles Quint, qui lui est...
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