Gens de bien

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  • Publié le : 29 mars 2011
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Gens de bien Lorsque le pessimisme gouverne notre vie, il nous pousse à l’inaction, il n’existe alors aucune espérance d’améliorer notre sort. A contre courant du pessimisme légendaire de Voltaire, Candide espère épouser Cunégonde, une espérance qui est le moteur de ses actions et qui nous tient en haleine tout au long de son périple. Voltaire sait alors que réformer l’individu, développer sonsens de la responsabilité sociale, civiliser l’homme et « cultiver notre jardin » est la seule condition pour atteindre le bonheur. Autant l’action est seule à même d’apporter le changement et la créativité, l’épanouissement de l’homme, animal politique et social, autant l’inaction des gens de biens, de ceux qui disposent d’une éthique, d’un sens du devoir, qui savent distinguer entre le bien et lemal…est seule cause du mal…Il va sans dire alors que « la seule condition au triomphe du mal est l’inaction des gens de bien »i, le mal étant de formes diverses et s’appliquant à tous les domaines de la vie. Le mal c’est la corruption, le népotisme, la violence, la pauvreté, l’ignorance tout autant que la dictature « fashion » applaudie par l’occident… Cette thèse s’avère souvent juste etconstatable dans le domaine du politique. Lorsque le taux d’abstention aux élections législatives est important, lorsque l’élite et la jeunesse boudent les urnes et que l’on se retrouve avec des élus locaux, des députés et même des ministres qui ne nous représentent pas et qui gèrent de manière impunie et opportuniste leurs carrières d’arrivistes et leurs intérêts. Ce mal que l’on ne ressent en tant quecitoyen que lorsqu’on doit changer annuellement nos amortisseurs parce que la chaussée, objet de malfaçons multiples, conséquence de marchés frauduleux, nous « secoue »…Les gens de bien deviennent alors « des animaux politiques »dans des cercles restreints, familiaux ou autres et pensent qu’en critiquant un certain establishment ils exercent leurs droits fondamentaux...Et pourtant…lorsque je suisassise derrière mon écran d’ordinateur et qu’une vidéo m’interpelle, que je n’ose la « partager » avec mes amis…le mal reprend le dessus. Le mal qui triomphe c’est lorsque les préjugés, la carrière, les intérêts vils et bas, les petits calculs, m’empêchent d’agir, de manifester dans la rue ou encore de poster une vidéo qui montre des exactions policières ou autre. Je crois aux droits naturels, jeressens en continue cette frustration quant à l’exercice de ma liberté, mais ma main reste paralysée devant la touche « share » de ma page facebook. L’inaction des gens de bien, qui ont le sens des responsabilités, l’honnêteté, le niveau intellectuel, l’envie de changer de progresser et surtout l’envie de « partager » le rêve d’une certaine société politique cède la place au mal triomphant. Al’heure où les peuples arabes se soulèvent, à l’heure du printemps arabe au doux parfum de jasmin, les sacrifices des gens de bien, par une action, un sit-in pacifique sur la place de la Liberté, est seul à même de briser les chaînes du mal, ici ou ailleurs. Ghandi disait « We must become the change we seek », l’homme en constante évolution, est un homme d’action. La sphère socio économique ne manquepas, quant à elle, d’exemples qui viennent démontrer que le principe reste applicable. Si l’entreprenariat se base sur l’action permanente, l’innovation, la recherche d’un développement constant à travers la mise en place de structures économiques solides, d’un jeu économique équilibré entre divers acteurs, il n’en est pas moins vrai, que l’Etat « patrimonialiste » gangréné par le népotisme et lacorruption ne peut garantir une bonne répartition des richesses, un jeu économique sain dans le cadre d’une construction rationnelle et encore moins un développement certain. Les richesses se concentrent entre les mains d’une minorité, la corruption fait rage, les abus de biens sociaux et les détournements de fond restent impunis, le Mal est bien ancré. Et pourtant là encore, l’inaction des gens...
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