Gens pauvre pauvre gens

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  • Publié le : 24 septembre 2010
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EXPOSE DE CONTEMPORAINE.

Introduction :

Ce texte est un extrait de l'ouvrage Gens pauvre, pauvre gens dans la France du XIX° siècle, écrit par André Gueslin. Cet historien et professeur des universités né en 1951, enseigne l'histoire sociale contemporaine à la fac de Paris VII. Le livre, paru en 1998 après l'Histoire des Crédits Agricoles et l'Invention de l'économie sociale, montre bien lesujet de prédilection de l'auteur, les populations en marges et les phénomènes d'exclusion. André Gueslin veut dresser un tableau de l'exclusion et de la grande pauvreté sous la Monarchie de Juillet (1830-1848). Dans la première moitié du XIX° siècle, il est difficile de définir la pauvreté au vu de ses extrêmes variétés, de son intensité variable et de ses nombreux facteurs qui y conduisent.Cependant elle se retrouve communément dans la personne des paysans les plus pauvres dans les campagnes et des prolétaires en ville. Durant cette période, les paysans s'adaptent ou s'exilant vers les centres industriels, une élite bourgeoise supplante les notables traditionnels de la terre, un prolétaire nait et combat. Peu à peu tout les domaines de la vie sont atteints et transformés. On passe leplus souvent par des transitions lentes et difficilement perçues, du vieux monde rural à celui des villes industrielles.
Comment se manifeste le passage de l'Ancien Régime à l'ère industrielle, pour les catégories les plus pauvres de la population, au cours de la première moitié du XIX° siècle en France ? Tout d'abord, des mutations sont visibles dans la société rurale. Puis, on observe uneconcentration de la misère dans les villes.

I°) Les mutations de la société rurale.

1) Le développement de la propriété privée et les progrès agricoles.

Une des grandes évolutions perceptibles sous la révolution française c’est l’affirmation de la propriété et de la liberté individuelle au sens de la déclaration des droits de l’homme. C’est désormais un pilier essentiel de la nouvelle sociétéet cela va permettre le développement du capitalisme à la campagne. Ainsi par la loi du 28septembre 1791 les propriétaires sont autorisés à clore leur propriété (ligne 23 à 24) : c’est le triomphe de l’individualisme agraire.
La propriété, valeur essentiel de la révolution doit permettre le décollage agricole : progrès agricole (ligne 34). En effet les propriétaires débarrassés des anciennescontraintes et coutumes féodales sont incités à produire plus. Celui-ci passe profite avant tout aux physiocrates (= économistes, philosophes adeptes de la physiocratie, doctrine de certains économistes du XVIIIe siècle fondé sur la connaissance et le respect des droits naturels et donnant la prépondérance à l’agriculture), qui sont majoritaires au sein de l’assemblée constituante mais aussi dans lecomité d’agriculture et de commerce en charge des réformes agraires. Il y a donc un désir de progrès, qui est intéressé et qui vient d’en haut, des élites : les élites éclairés (ligne 19), les assemblées révolutionnaires (ligne 22). Ces dernières veulent moderniser leurs exploitations et les techniques agricoles (outils, semences, bétail) pour augmenter les productions et les rendementsagricoles. De plus un nouvel assolement sans jachère apparait également et les premières machines agricoles font leur apparition dans les années 1840. Ces progrès agricoles profitent uniquement aux grands ou moyens propriétaires (capacité à investir dans de nouvelles techniques onéreuses) toutefois il est à nuancer du fait de l’insuffisance des moyens de transports et des restrictions à la circulation desproduits.
Toutefois ces progrès passent par l’abolition des anciens cadres de la société féodales, des usages de l’ancien régime, véritable frein à la croissance (ligne 19/21) et surtout en opposition avec le principe de la propriété si cher aux élites révolutionnaires et bourgeoises. Cela n’est pas sans conséquences sur les plus fragiles et les usages ancestraux en vigueur dans les campagnes....
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