Georges melies

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  • Publié le : 3 janvier 2011
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Licence 3 Histoire des arts : Approche critique du cinéma Cinéma : TD Etude d’un auteur ou d’un courant

Georges Méliès et le Cinéma des attractions : Synthèse et bibliographie

Introduction aux séances de cours Les effets visuels, par le biais des effets spéciaux et plus précisément les trucages d’incrustation, stimulent le cinéma depuis ses débuts. En manipulant l’image, le trucage insuffleartificiellement de l’imaginaire et du spectaculaire, accentuant l’illusion de réalisme ou « d’irréalisme ». Cette impression, basée sur le mensonge, joue sur l’esthétique et la perception du trucage chez les spectateurs, entre monstration et transparence de la technique. Il y a un paradoxe sous-jacent de la pratique des effets spéciaux cinématographiques : ceux-ci doivent représenterl’extraordinaire tout en devant rester inaperçu, afin que le public soit convaincu de la « probabilité » du spectacle présenté sur l’écran. Si ce type de manipulation implique la retouche, la modification, la transformation, la déformation de l’image, il n’en reste pas moins que le résultat final vise à effacer toute trace d’artifice et à donner à voir cette image altérée comme étant « vraie ». Ce goût pour lefaux/vrai existe depuis plusieurs siècles et s’est manifesté sous forme de trompel’œil picturaux, d’anamorphoses, de jeux d’optique, de projections de lanterne magique, de photographies « truquées », de films à effets. L’image manipulée du dix-neuvième siècle, notamment dans l’art trompeur et l’usage de la photographie, a donné l’illusion de la capture de la réalité. En la scindant et en ladéformant, l’image donnait l’impression de pouvoir jouer avec la réalité et de l’infléchir. Elle acquiert ainsi un pouvoir quasi surnaturel. Depuis Méliès, l’illusion photoréaliste de l’irréel n’a pas cessé d’être une source d’inspiration du cinéma spectaculaire. Un grand nombre de cinéastes et de techniciens vont jouer sur la visibilité des truquages dans leurs films, comme un truc « magique » en soi,un charme spécifique, grâce à la technique de l’incrustation et à la mobilité des images. Les problématiques abordées tout au long de ces séances seront : Quelle place prend alors le trucage dans l’image ? Comment le spectateur, conscient du « truc » qui parvient à rendre l’irréel « réaliste » sous ses yeux, peut-il encore apprécier et s’immerger dans le récit ? En nous basant principalement surl’œuvre de Georges Méliès et sur l’influence qu’elle aura sur toute l’histoire du cinéma narratif et spectaculaire, nous aborderons tout au long de ce cours l’évolution plastique des effets visuels, des réceptions critiques et des récits filmiques.

Contexte des films de Méliès - Décembre 1895 :Auguste et Louis Lumière organisent la première projection publique et payante.Les premiers filmsprojetés sont des scènes de la vie quotidienne (sorties d’usine, arrivées de train en gare, déjeuner de bébé, parties de cartes, arroseur arrosée, etc.) Parmi les premiers spectateurs se trouve Georges Méliès, un homme de théâtre passionné de magie. Il possède le Théâtre Robert-Houdin. Méliès est enthousiasmé par ce qu’il vient de voir, et sait déjà qu’il pourra utiliser cette invention comme un numéro deson spectacle. Il demande donc à Antoine Lumière (le père) un exemple du Cinématographe, mais pour Lumière, cette invention n’asoit-disant aucun avenir commercial et refuse donc la demande de Méliès.

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Méliès, avec l’aide d’un ingénieur (Lucien Reulos), va alors récupérer une machine en Angleterre, va la bricoler et faire des essais dans son jardin. Ses premiers films ne vont pasrévolutionner le genre : vues de Paris, parties de cartes, qu’il va projeter entre ses grands numéros de magie au théâtre. Il va créer des petites scénettes, du type l’arroseur arrosé, dans son jardin. Pour cela, il va peindre les premiers décors de cinéma : de grandes toiles de peinture en trompe l’œil. Le cinéma lui sert de complément à ses numéros théâtraux. Un jour qu’il prenait une vue de...
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