Gestion de classes

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RICHOZ Jean-Claude (2010) Gestion de classes et d'élèves difficiles, Favre, 447 p.
p.146-147
Guillot (2006) fournit d’intéressantes indications pour saisir toute la richesse de ce concept d’autorité éducative. En rattachant tout d’abord le mot autorité au verbe « autoriser » qui lui correspond, il indique que « l’autorité a pour fonction première d’autoriser : à exister, à grandir, àapprendre, à se tromper, à être reconnu et respecté dans sa dignité humaine, à créer, à aimer… L’autorité éducative est une école d’accueil dans l’humanité, une humanité universelle, sans exclusion » (2006, p. 15). Dans ce premier sens, une personne qui a de l’autorité est une personne qui autorise et qui fait acte de confiance : confiance dans l’humanité, confiance en l’autre, confiance dans le potentielde nouveauté que représentent les nouvelles générations. Le deuxième sens qu’il attribue au mot autorité (en latin autorictas) provient du verbe augere, qui signifie augmenter : « augmenter la puissance de vie et d’affirmation de soi, grandir ». Le troisième est issu d’une autre racine étymologique, auctor, qui signifie auteur. Concernant cette capacité à être auteur, Guillot distingue l’autoritéqui détruit, qui « consiste à se vouloir, se prétendre auteur de l’autre : elle correspond à l’autorité qui interdit de devenir soi-même » et celle qui construit, c’est-à-dire qui « autorise progressivement l’enfant à devenir auteur de soi-même, c’est-à-dire autonome » (L’autorité en éducation. Sortir de la crise. Paris : ESF éditeur, 2006, p. 15). Pour lui, l’autorité a pour vocation de féconderla liberté et l’autonomie devrait en être la fille, « non pas cette autonomie tant vantée aujourd’hui comme si elle pouvait se construire vite et une fois pour toutes, mais l’autonomie comme conquête permanente » (p. 15). Et il cite Durkheim : « La liberté est fille de l’autorité bien entendue. Car être libre, ce n’est pas faire ce qui plaît : c’est être maître de soi, c’est savoir agir parraison et faire son devoir. Or, c’est justement à doter l’enfant de cette maîtrise de soi que l’autorité du maître doit être employée » (Durkheim, 1999, in Guillot, p. 15).
Dans l’enseignement, l’autorité relationnelle est concrètement le fruit du travail permanent que l’enseignant effectue pour développer une plus grande présence en classe, pour mieux communiquer verbalement et non verbalement, pourréussir à entrer en relation affective et individualisée avec les élèves et contribuer ainsi à leur développement. Considérer que l’autorité relationnelle s’apprend et qu’elle est le résultat d’un travail est essentiel quand on parle de classes ou d’élèves difficiles, car l’autorité relationnelle est une clé qui offre très souvent la possibilité de commencer à changer les choses. Les chapitres 8et 9 lui sont consacrés et décrivent comment on peut s’y prendre concrètement pour intensifier sa présence en classe et son autorité relationnelle en « touchant » les élèves par des attitudes et des activités qui ont une résonance affective particulière. […]
p. 148
[…] ce travail sur soi-même est aujourd’hui essentiel, car il permet peu à peu de maîtriser certains mouvements intérieurs quisont problématiques devant une classe : par exemple l’irritation, la colère, la peur, la culpabilité, le besoin de pouvoir, le besoin ou l’envie de plaire, le besoin d’être aimé, etc. Le travail sur soiest devenu une nécessité dans le quotidien de la vie des enseignants et il commence à faire partie intégrante des formations initiales à la profession.
p. 177-178 parlant de la nécessitéd’identification à un adulte chez les adolescents, cite Philippe Meirieu, Apprendre… oui, mais comment. Paris : ESF éditeur, 2007.
« On rechigne aujourd’hui à parler de modèle et le terme fait souvent sourire, quand il ne suscite pas des protestations indignées : qui peut avoir l’audace, en cette période d’incertitude et de perte de consensus de se donner comme modèle ? de quel orgueil démesuré serait-ce...
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