Gestion urbaine

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  • Publié le : 8 mars 2010
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Gestion urbaine, gouvernance et environnement
L’accès aux services urbains collectifs (de l’économie publique aux utilities) dans les pays en développement est devenu un bon analyseur de l’imbrication de l’action publique, des stratégies d’acteurs privés et de la combinaison des échelles de décision (internationale, nationale et locale). La gestion urbaine est traversée par des variables denature très différente mais ayant toutes une forte intensité : transition démographique en cours mais forte croissance urbaine ; urbanisation pouvant générer des effets d’agglomération positifs (métropolisation) mais induisant toujours de fortes externalités négatives (pollutions de toute nature) ; décentralisation et émergence de pouvoirs locaux élus ; transferts de compétences et de charges sansmoyen correspondant ; stratégies proliférantes d’acteurs mais incertitude quant aux modes de légitimation, de concertation et de régulation ; désengagement de l’Etat mais nécessité de préserver la cohésion nationale.
Gestion des déchets et assainissement urbain à Mopti et Porto-Novo (2001-2004)
Si, pour de grandes mégapoles hautement densifiées du Nord comme du Sud, la seule issue pour lesordures ménagères est très probablement l'évacuation en décharge finale, par contre, dans des contextes de villes ou de communes urbaines de moyenne importance des pays en développement, on peut se demander si l'évacuation hors la ville est un modèle unique et si cet axiome n'est pas justement à relier à l'idée de faire émerger un marché des ordures ménagères en maximisant à la fois les volumes etle nombre de clients. De plus, le règlement d'un abonnement auprès de microentreprises (Groupements d’intérêt économique ou ONG) peut induire une propension à maximiser le recours au service payant. Et, au final, il s'agira de créer sans doute le réflexe d'évacuation des ordures pour éviter toutes les formes clandestines et nocives de décharges "sauvages". Cela revient aussi, à travers uneingénierie socio-économique, et la constitution de microentreprises destinées dans le sillage des PAS à créer de l’auto-emploi au cours de la décennie 90, et à construire ex nihilo un marché en transformant un besoin non marchand d'élimination en une demande marchande d'évacuation.

Ainsi, les dispositifs de "gestion des déchets" ont été pensés et mis en œuvre à partir de Mécanos socio-économiquespostulant, d'une part, la création d'une demande solvable et marchande et, d'autre part, l'organisation d'une offre de prestataires qui lui ferait face.

Les concepteurs de ces stratégies gestionnaires avaient-ils envisagé que le recul de l'Etat ne créerait pas nécessairement l'émergence d'un marché de précollecte, que ce marché devait exister avant de soumettre tout ou partie de certains servicescollectifs à ses règles ? Dans quelle mesure l'ingénierie socio-économique mise en œuvre depuis dix ans a-t-elle infléchi les pratiques domestiques vers la constitution d'un marché de précollecte efficace entre ménages et ONG/GIE ?
Rien n’est moins sûr. Après dix ans de tentatives de précollecte et de collecte, de réseaux de dépôts de transit et de décharges finales, après les difficultésrécurrentes des précollecteurs privés, après avoir tenté de promouvoir ce modèle tant par l’aval (décharge finale) que par l’amont (précollecteurs), la part des déchets qui n’entre pas dans les circuits collectifs de collecte reste majoritaire. Le modèle « exportateur » des déchets hors de la ville n’a pas vraiment fonctionné : il a été mis en avant depuis plus d’une décennie comme un projet de référencemais n’a jamais atteint un niveau de mise en routine (compte tenu de la double contrainte du choix de sites de décharges finales et du coût de l’évacuation par une flotte motorisée et coûteuse). Parallèlement, une autre logique effective domestique ou informelle, marchande ou non marchande était à l’œuvre : celle de l’auto-absorption par les communes urbaines de leurs propres déchets. Du même...
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