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  • Publié le : 9 décembre 2010
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Cinq minutes, par Antoine Blachez
Après deux années de préparation, le jour "J" arrive. C'est à Nanterre. Au bout de deux heures d'attente dans les couloirs, l'audience commence. Le président pose le cadre : chaque partie a cinq minutes pour plaider. Celui-ci interrompt les avocats au milieu de leur plaidoirie. Aucune question et nous voilà déjà dans le couloir. Je suis sidéré. Mon avocat me ditque c'est la roulette russe et que les représentants des salariés et des employeurs se partagent les dossiers gagnants et perdants en fin de journée, histoire que la parité soit totale ! Quatre mois plus tard, j'apprends que j'ai perdu sans en connaître la motivation. Quoi de plus normal finalement car en 10 minutes et sans débat contradictoire, il est difficile de se faire une opinion.D'ailleurs, personne n'avait d'opinion, excepté moi ! Sûr de mon bon droit, je fais appel. Et je gagne ! Mais pour tout vous dire, j'avais perdu le fil de l'histoire.
L'employeur gagne à l'usure, par Patrice David
Un conflit de carrière banal dans un établissement public redevable des prud'hommes de Paris dans les années 1995. L'établissement a joué sciemment contre moi la terrible loi du délai.Passons sur la procédure de conciliation qui est une farce retardatrice pour laquelle l'entreprise envoie un sous-fifre sans capacité de décision. Ensuite, son avocat joue systématiquement la procédure : déni de compétence du tribunal, demande d'un sachant (expert), délais techniques, etc. Conséquence : report du jugement d'année en année car le tribunal étant engorgé : c'est à chaque fois un anenviron d'attente supplémentaire. Et tout cela se transporte au tribunal de grande instance quand les jurés sont en départage et incapables de trancher. Et tout cela part en appel suspensif etc.
Les prud'hommes sont inéquitables car la situation est dissymétrique. Entre un salarié et une entreprise, c'est le pot de terre contre le pot de fer. Il suffit à l'entreprise de jouer le délai. Combien desalariés pourront attendre cinq ans comme moi pour être finalement jugés ? Les frais d'avocat finissent par être plus chers que l'enjeu, l'ambiance à l'intérieur de l'entreprise est très lourde de conséquences et le découragement l'emporte. L'entreprise gagne au final et dissuade ainsi les autres salariés de faire pareil. La conciliation devrait être plus sérieuse. Dans ces conflits de travail, ildevrait y avoir une limite de temps pour la procédure.
Un tribunal qui juge les patrons à charge, par Chofty
Je dirige un cabinet de conseil et, en 10 ans, je n'ai eu a déplorer qu'un seul licenciement qui s'est terminé devant les tribunaux. Jamais personne n'avait eu l'incongruité de me poursuivre, car je fais partie de ces patrons très (trop) conciliants. C'est pourtant arrivé : un ancienemployé m'a réclamé un an de salaire (35 000 euros) plus quelques mois supplémentaires pour diverses fautes dans la procédure. Je n'ai finalement été condamné à ne payer que 5 000 euros. Mes conseils, mon entourage, m'ont félicité pour ce résultat. Effectivement, il n'y avait pas licenciement abusif, mais un simple problème de délais (5 jours au lieu de 7 "respectés mais non ouvrés") entre l'entretienpréalable et l'entretien de licenciement ; ainsi que la non publication des mairies où le salarié pouvait trouver une personne pour se faire assister.
Malgré ce bon résultat, il reste en moi un sentiment profond d'injustice. La législation est organisée pour condamner au détour d'une virgule, d'un AR mal écrit, l'employeur. J'avais déja payé tres cher les indemnités elles-mêmes. Les prud'hommessont le relais et un amplificateur de la détérioration de la qualité du travail fourni par les salariés et des rapports employeurs-employés. Le salarié peut ne pas respecter la politique de l'entreprise, c'est lui qui a raison. C'est un endroit ou le salarié sait qu'il va récuperer systématiquement de l'argent. Il aurait tort de se priver. Cela profite-t-il vraiment à la qualité de l'emploi,...
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