Grands magasins xix

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  • Publié le : 29 novembre 2011
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I La consommation, privilège et nouvel art de vivre
II Union du commerce de l'architecture et des arts
III conduites ostentatoires de la bourgoisie

Jusqu'à la fin du XIX eme siècle en France, les achats de l'immense majorité de la population se limitaient au minimum vital. La consommation à proprement dite constituées d'achats diversifiés étaient alors réservée à un petit nombre. Seulesles classes aisées pouvaient acheter dans des boutiques de passage. Les journaux de l'époque signalent que les " plus hautes sommités " de la noblesse, de la finance, de l'administration se donnaient rendez vous dans les beaux salons de " La ville de Paris", le plus grand des magasins de nouveautés. Quant aux grands magasins proprement dits, ils allaient, dans la seconde moitié du XIX eme siècleœuvrer à l'élargissement des consommations bourgeoises et petites bourgeoises. Ils ne s'ouvriront que lentement et avec réticence aux clientèles populaires.

La consommation, privilège et nouvel art de vivre.

Jusqu'aux années 1830, dans leurs boutiques aux noms pittoresques, les commerçants fixent leurs prix « à la tête du client » et la concurrence est alors quasi inexistante. Puis, laRévolution industrielle entraîne de nombreuses mutations (progrès techniques et scientifiques, explosion démographique, accroissement de l'épargne,développement des moyens de transport,grands travaux d’Haussmann, naissance de la grande presse et de la publicité). Ces dernières rendent désormais possible l'existence d'un autre type de négoce : le Grand Magasin, offrant sous un même toit, des marchandisesvariées, de la mode aux dernières innovations techniques. Par leur esprit avant-gardiste, les fondateurs tels Boucicaut, Chauchard, Ruel, Jaluzot, Cognacq, Bader édifient les premiers Grands Magasins en introduisant de nouvelles pratiques commerciales remettant en cause les usages traditionnels. Les Grands Magasins sont des foyers de perpétuelle innovation. Outre leur
audace architecturale(poutrelles métalliques, verrières, béton armé), ils modifient profondément les relations entre les clients et les fournisseurs. On y trouve des prix fixes. On y entre et circule librement. On peut même y échanger une marchandise. Et pour séduire le client, il s'y passe « tous les jours quelque chose ». Les Grands Magasins font preuve de dynamisme. Ils ont recours à la publicité (affiches, calendriers,réclames, images pour enfants) et aux catalogues. Ils deviennent des « vitrines » et n'hésitent pas à faire appel à des graphistes renommés pour dessiner affiches et couvertures. L'offre commerciale, diverse et variée, est « mise en scène » de manière élaborée, parfois même luxueusement.

Les grands magasins inculquent un nouveau rapport à la dépense dans une France où l'importance accordé àl'épargne était prépondérante Ce qui manquait à la bourgeoisie ce n'était pas l'argent mais l'habitude de le dépenser. C'est le début de la diffusion d'un nouveau mode de vie.
L'application systématique de toutes les méthodes de ventes nouvelles au sein d'un même établissement de plusieurs dizaine de milliers de mêtre carré fut l'œuvre d'Aristide Boucicaut avec Le Bon Marché créé en 1852 qui fut levéritable premier grand magasin. Tous les pièges contenus dans les techniques de présentations, d'exposition, d'assemblage des articles et de disposition spatiale des rayons, tous les procédés de vente ; les tarifications différentielles, les promotions, l'assistance personnalisé des employés, les essayages, les reprises avaient pour but et pour effet irrésistible de fasciner, tenter et d'obliger àrepartir avec toute chose dont on n'avait en entrant pas le véritable besoin… seulement le désir. Un désir qui apprend à se connaître et à s'accepter, à s'extérioriser dans la flânerie le regard, le toucher …
L'ouverture de nouveaux rayons rythme l'épanouissement de cette première société de consommation. Leur nombre passe au Bon Marché de 4 en 1852 à 36 en 1882. Intégrant tout ce que...
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