Grec antique

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  • Publié le : 24 décembre 2011
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[rés150] ROMILLY_Sophistes & Prométhée

DS N°2 Samedi 10 décembre RÉSUMÉ DE TEXTE • Résumez ce texte (d’environ 1000 mots) en 150 mots (± 10%). • Inscrivez le nombre de mots sur la copie tous les cinquante mots et le total à la fin. Pénalités : – 1pt pour groupe de 10 mots en plus ou en moins ; – 1pt pour omettre d’indiquer le nombre de mots. • Donnez un titre à votre résumé. • Attention àl’orthographe ! Pénalités : – 1pt pour les 3 premières fautes ; – 2 points jusqu’à 5 fautes ; – 1 point par faute supplémentaire.

Si l'on ne possède que de brefs fragments de Protagoras, et si leur interprétation pose souvent des problèmes, en revanche il se trouve que Platon lui a fait prononcer un long discours, dans le dialogue qui porte son nom, et que tous les détails suggèrent une imitationtrès fidèle du sophiste, imitation qui se traduit jusque dans le style et les procédés de raisonnement. Même si ces traits n'étaient pas visibles, d'ailleurs, il serait absurde d'imaginer que Platon prend toute cette peine pour mettre dans la bouche d'un personnage aussi connu des idées qui n'auraient pas été les siennes. Or ce texte, avec le mythe qui en constitue l'essentiel, exprime une théorietrès ferme pour la défense de la justice : il montre en effet que certaines valeurs morales permettent seules le salut de l'homme, en lui rendant possible la vie en société. Avec cette idée, toute la réflexion sophistique change de sens : ce qui ne se justifiait plus par la référence aux dieux ou à l'absolu retrouve soudain tout son prix en fonction, cette fois, de la vie humaine et de l'intérêt mêmedes hommes. Il faut pourtant l'avouer : dans le mythe, ces valeurs ont l'air d'être encore liées aux dieux et à leurs dons, puisque ce sont ces dons qui permettent aux hommes de vivre en association. Ce fait — sur lequel on reviendra — confirme qu'aux yeux des contemporains Protagoras ne parlait pas et ne se comportait pas en athée. Mais il ne faut pas en surestimer le sens. Il ne s'agit en effetque d'un mythe, c'est-à-dire d'une forme d'expression figurée, se rattachant à un cadre traditionnel, sur lequel chacun brode librement pour faire apparaître certaines idées. Il avait en fait le choix entre l'emploi du mythe et celui du discours raisonné, ou logos : il choisit le premier, qui présente, dit-il, plus d'agrément mais il est clair que cet agrément repose sur un peu d'invention. Ce quicompte n'est donc point cet habillement poétique, avec Zeus, Prométhée et Epiméthée mais ce qui arrive aux hommes, et pourquoi. Cela est d'autant plus vrai que le mythe des origines de l'humanité et de ses progrès était alors un thème à la mode, que l'on rencontre chez quantité d'auteurs. Le Prométhée enchaîné d'Eschyle raconte comment les hommes vivaient à l'origine « dans le désordre et laconfusion », ne possédant ni techniques ni connaissances, jusqu'à ce que Prométhée leur fit don de tous les arts qui font la civilisation. L'Antigone de Sophocle évoque la même série d'inventions, en les attribuant à l'homme, mais en concluant qu'elles ne sont rien si elles ne sont pas employées pour le bien. Euripide, dans Les Suppliantes, y revient à son tour, évoquant la vie « confuse et bestiale »des débuts, puis décrivant les inventions successives, et louant, « celui d'entre les dieux » à qui l'homme les doit. On retrouve enfin des tableaux du même genre dans le traité De l'ancienne médecine, dans le fameux texte du Sisyphe qui a été cité plus haut pour


 

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l'invention des dieux, et dans un texte de Diodore de Sicile, qui, d'aprèsles hypothèses de bons savants aujourd'hui quelque peu contestées -, remonterait à Démocrite. On trouve enfin le thème chez Archélaos - le disciple d'Anaxagore et le maître de Socrate, qui analysait la façon dont, à l'origine, les hommes se distinguèrent des animaux. On dirait que toute cette époque ne cesse de s'émerveiller de ce qu'elle voit fleurir à la gloire de l'homme, au départ...
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