Grenelle

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  • Publié le : 4 octobre 2010
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Au cours des grandes grèves de mai 1968, le premier ministre Georges Pompidou réunit les représentants des employeurs et des salariés pour trouver une issue à la crise qui ne cesse d’exacerber les passions. Car, en effet, depuis peu, la crise a pris une toute autre ampleur et le gouvernement ne voit pas le bout du tunnel. Les revendications indépendantes ouvrières et étudiantes de mars ont laisséplace à un rassemblement unitaire où la grève et les manifestations paralysent le pays. La manifestation du lundi 13 mars est le reflet de cette unité revendicative : « Ouvriers, Enseignants, Etudiants solidaires », proclame une grande banderole. Cependant, derrière cette apparente cohésion, de nombreux différents opposent les mouvements et organisations syndicales. L’influence des partiesgauchistes chez les étudiants semble être un point d’inquiétude pour les leaders de la CGT. Des risques de débordements sont craints et l’utilisation de la violence est devenue monnaie courante. En d’autres termes, la CGT n’a pas comme pour les grèves de 1936 le monopole des revendications syndicales. Elle n’est pas également l’interlocuteur prioritaire du gouvernement. Les relations entre la CGT, d’unepart, l’UNEF et le syndicat de l’enseignement supérieur FEN, d’autre part dirigé par un gauchiste, se tendent. Malgré ces divergences, le nombre de grévistes ne cesse de s’accroître, atteignant les six millions le 20 mai. Devant le fait accompli, Georges Pompidou annonce son intention de nouer le dialogue avec les organisations syndicales. Le 25 mai, les différents interlocuteurs se rencontrentau ministère du Travail situé rue de Grenelle. Nous gardons une trace de ces accords grâce notamment à Jean-Daniel Reynaud qui est l’auteur de l’extrait étudié. Ce dernier qui est né dans l’entre deux guerre est professeur de sociologie du Travail au conservatoire national des Arts et Métiers. Les places pour participer à cette rencontre sont chères et le FEN a dû batailler pour y participer.Finalement les grandes instances sont là et déjà des interrogations apparaissent. En quoi l’issu de ce débat peut-il permettre de sortir de la crise ? Quelles sont les revendications syndicales et quelles sont leurs portées ? Ce colloque marque t-il une victoire syndicale ? Comprendre que les accords de Grenelle sont une solution pour sortir de la crise (I), nous permettra d’analyser plus en détailsles revendications syndicales (II). Dès lors, nous serons en mesure de savoir si les accords de Grenelle sont le reflet d’un triomphe syndical (III).

I) Les accords de Grenelle : une rencontre pour sortir de la crise

I.1 Une réunion extraordinaire...

Comme nous l’avons dit précédemment, Georges Pompidou qui est alors Premier ministre de la République française invite au Ministère duTravail les différentes organisations du travail. Les heures sont comptées car la situation de « chienlit » du pays pour utiliser la célèbre expression du Président de la République, le Général De Gaulle, est entrain de littéralement bloquée le territoire. Les principaux acteurs de l’échiquier professionnel du Travail sont réunis ce 25 mai pour décider des engagements et des directions à suivre. Parmiles participants, on peut citer les organisations professionnelles et syndicales comme la CGT (Confédération Générale du Travail) qui a perdu son influence de 1936 au sortir de la guerre. En effet, de 1945 à 1958, la fonte des effectifs cégétistes est continue. Ils passent, selon les déclarations officielles de 5 300 000 à 1 600 000 membres. Une légère remontée s’opère tout de même au début de lacinquième République. Ce changement s’explique par plusieurs critères assez différents ; notons tout d’abord que l’apparition de nouveaux syndicats a eu tendance à amoindrir l’effectif cégétiste. D’autre part, la subordination de la CGT au PCF contribue sans aucun doute à son relatif déclin. Toutefois, il serait erroné de minimiser l’imprégnation cégétiste dans les rapports syndicaux. Force...
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