Greves front populaire

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  • Publié le : 28 mai 2010
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Une vague de grèves ...
Une joie sans mélange
L'attente et l'espoir
La France connaît à ce moment-là une formidable explosion sociale : une vague de grèves d'un style nouveau, grèves avec occupation d'usines qui touchent plus de deux millions de salariés. Le mouvement commence le 11 mai aux usines Bréguet du Havre. Le 13, il gagne les ateliers Latécoère de Toulouse... Le 26, la grande vagueatteint la métallurgie dans la région parisienne: Farman à Boulogne-Billancourt.. Nieuport à Issy.les-Moulineaux, Lavalette, Renault, Citroën...
Alors que Léon Blum constitue son ministère, le phénomène fait tâche d'huile. Tous les secteurs de l'activité commerciale et industrielle sont paralysés à Paris et en province : grands magasins, mines, imprimeries, alimentation, bâtiment..
Ces grèvesspontanées sont rapidement récupérées par le parti communiste pour pousser Blum à l'action. Mais, avant tout, ce sont les grèves de l'euphorie de la victoire électorale ; grèves de défoulement du monde ouvrier impatient de voir se concrétiser les promesses du Front populaire, après des décennies d’assujettissement patronal; grèves de la dignité retrouvée.
La participation des femmes y est trèsimportante, a la mesure de leurs difficultés, car leurs salaires sont très bas, les vexations et les brimades sont monnaie courante, l'opinion les rendant responsables du chômage masculin. Dans les usines, les magasins, les travailleuses réclament l'égalité et découvrent la solidarité et la fraternité. Les grèves prennent alors un air de fête. L'accordéon et la T.S.F. entrentdans la danse, Tino Rossiet Mistinguett viennent chanter, on organise des loteries, des bals...
Durant toute cette période, le peuple découvre la joie d'occuper ses usines, mais aussi de se montrer, de descendre avec fierté dans la rue. Les hommes sont en casquette (on parlera bientôt des salopards en casquette), les femmes ne portent pas de chapeau... qu'importe !
La bourgeoisie s'insurge et prend peur.
Commentantune manifestation de mai 1936 au Père-Lachaise, pour l'anniversaire de l'écrasement de la Commune de Paris en 1871, Lucien Rebatet écrira dans Les Décombres (1938-1942) : « Une faune d'émeute, montée d'on ne sait où, tenait le pavé. Des voyous patibulaires, doublés de petites femelles pires encore, rançonnaient jusque sur les boulevards les passants au profit de joyeux grévistes installés dans lesbanlieues, sur le tas.»

« Le travail, la misère et l’ennui
Le travail, le travail à la chaîne
Soudain le travail casse sa chaîne
Et pose son outil
Et tous les travailleurs
Se réveillent avec lui
Et poussent un grand cri
La grève, partout la grève
C’est une grève comme
on en a pas vu souvent
Et le capital grince des dents. »

Jacques Prévert

À peine le gouvernementest-il installé que se multiplient dans tout le pays les grèves et les occupations d'usines, de chantiers et de magasins, dans l'espoir d'un renversement du système capitaliste.

Ces grèves sur le tas gagnent très vite l'ensemble du secteur privé. Au total 2 millions de grévistes. Fait notable : elles se déroulent de manière pacifique et dans l'allégresse et la joie. Chacun croit à l'imminenced'une nouvelle révolution, qui pour s'en réjouir, qui pour s'en alarmer.

Le mouvement de grève de mai-juin 1936 [modifier]
Avant la formation du nouveau gouvernement, des grèves éclatent dans des usines d’aviation du Havre. Le 11 mai, 600 ouvriers et 250 employés des usines Breguet arrêtent le travail pour demander la réintégration de deux militants licenciés pour avoir fait grève le 1er mai.L’usine est occupée et les tentatives de la police de déloger les grévistes échouent, les dockers se solidarisant des grévistes. En deux jours, ces derniers obtiennent satisfaction. Le 13 mai, c'est au tour des usines Latécoère, à Toulouse, puis le 14 à celles de Bloch, à Courbevoie, d'être occupées. Le mouvement se répand comme une trainée de poudre, atteignant rapidement les entreprises...
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