Guerre

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  • Publié le : 12 décembre 2010
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Les guerres sont-elle un effet de la nature humaine ?

Il suffit d’ouvrir n’importe quel livre d’Histoire pour constater que l’Histoire de l’humanité se confond avec celle du sang versé, des crimes et des guerres. D’où vient cette horreur ? Est-ce évitable, ou les hommes sont-ils condamnés à s’entretuer ainsi jusqu’à la fin des temps ? Pour le dire autrement, les guerres sont-elle un effet dela nature humaine ? C’est à cette question que nous allons tenter de répondre, en envisageant dans une première partie le point de vue pessimiste de ceux qui pensent que la guerre est inscrite au plus profond des désirs des hommes. Néanmoins, on pourra montrer ensuite que la chose peut être contestée, notamment en disant que l’homme est naturellement bon. Enfin, dans un troisième mouvement, onverra que la cause des guerres n’est pas à chercher par rapport à la nature des hommes.

Sur cette question, Platon, dans le Phédon, est très pessimiste et répond par l’affirmative. Oui, les hommes sont naturellement portés à s’entredéchirer.

Pourquoi Platon soutient-il cette thèse ? Parce l’homme est par nature un être double. Il dispose certes de la raison, de la conscience, de la pensée,grâce à quoi il peut devenir toujours plus maître de lui-même. Mais l’homme habite aussi un corps, lequel est plein de désirs de toutes sortes. Ces derniers poussent l’homme à vouloir posséder toujours plus, donc à jalouser ses semblables, à convoiter leurs biens, et à la fin, à leur déclarer la guerre. L’homme a naturellement un corps et ce sont les désirs qui naissent en lui qui sont cause dediscorde.

Peut-on espérer qu’un jour les hommes parviennent à triompher des désirs violents qui sont liés à leur nature corporelle ? Il faudrait que les hommes perdent leur corps, c’est-à-dire qu’ils meurent. Ou bien encore, il faudrait qu’ils demeurent vivants, mais que leur corps soit l’esclave de leur volonté. De tels hommes existent : ils ont triomphé de leur nature, et par conséquent ne cultiventplus aucun désir de haine. Ce sont des philosophes. Mais ils sont peu nombreux, et jamais tous les hommes ne parviendront à cet état. C’est pourquoi, même si des sages existent qui sont parfaitement raisonnables et maîtres d’eux-mêmes, ils sont en nombre insuffisant pour espérer qu’un jour existe des cités parfaitement pacifiques dans lesquels la jalousie et le crime soient bannis. Donc, jamaison ne verra dans l’histoire humaine, des cités épargnées par la guerre.

Un exemple confirme le pessimisme de Platon à propos de la nature humaine. Il nous raconte l’histoire du berger Gygès. Ce dernier trouve un jour un anneau d’invisibilité. Le voilà qui passe inaperçu et peut satisfaire tous ses désirs. Que va-t-il faire alors ? Séduire la reine, et tuer le roi… La conclusion du conte estsimple : tout homme, s’il se laisse aller à sa nature profonde, est un criminel né.

Montaigne ne partage pas ce point de vue. Pour lui, au contraire, la nature humaine est incapable de vice, donc de guerre.

En effet, Montaigne croit voir chez les indiens du Brésil des hommes qui vivent encore à l’état de nature, épargnés par la civilisation. Or, quelles sont les caractéristiques de ces Indiens ?Ils n’ont que mépris pour le luxe, l’avarice, et honorent plus que tout le courage et la simplicité des mœurs. Ils ne connaissent ni le mensonge ni les lois qui le punissent. Un tel peuple est pur pour Montaigne, parce qu’il est maintenu à l’état naturel, inchangé depuis la création du monde. Il est donc impossible que la guerre existe au Brésil. Et c’est bien ce qui se passe : la guerre n’existequasiment pas tant que les Européens ne l’importent pas.

De plus, lorsque la « guerre » est déclarée entre deux peuplades d’aussi bonne nature, elle n’a rien à voir avec ce que les européens appellent guerre. Ici, elles sont à grande échelle, les meurtres y sont massifs, les trahisons, les manœuvres diplomatiques et les mensonges y sont monnaie courante. Là-bas, ce sont des escarmouches,...
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