Guide du voyage hors du corps

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  • Publié le : 26 janvier 2010
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La pensée traditionnelle, qui rejoint l’ésotérisme de toutes les grandes religions, à constamment affirmé l’existence d’un corps subtil, distinct du corps physique, capable de s’en détacher et d’effectuer des déplacements dans l’espace. mais ce savoir ne devait être communiqué qu’aux seuls initiés.
Les Egyptiens, déjà, considéraient qu’un double, ayant la même forme que le corps, les mêmesfacultés de voir, d’entendre et de ressentir, subsistait après la mort et venait habiter le tombeau où il vivait d’offrandes.
Au Tibet, comme aux Indes, les récits de dédoublement et de projection de corps fluidique sont innombrables.
Les soufis du monde arabe et les mystiques de l’Islam chi’ite voyageaient aussi dans ce « monde des corps subtils », qu’Henri Corbin, le grand spécialiste de lapensée iranienne, définit comme un « monde médian où les esprits se corporalisent et où les corps se spiritualisent », à la fois « monde de l’âme » et « monde de l’Ange ».
Il ne fut pas le seul à découvrir cette autre dimension de l’espace et du temps. En Occident aussi, de grands penseurs qui situaient leur recherche loin de tout cartésianisme, Jacob Boehme, Swedenborg, Oetinger… en reconnurentégalement l’existence. quand à René Guénon, dont les écrits font autorité en matière de pensée traditionnelle, voici comment il identifie la nature du « corps astral » :
Cependant , Guénon déconseillait formellement de chercher à invoquer le corps subtil d’une personne vivante.
Les grands initiés seraient-ils les seuls capables d’envoyer leur conscience hors de leur corps ? L’expériencepoétique ne permet-elle pas, dans certaines conditions d’atteindre les mêmes résultats ? a moins que l’expression poétique ne soit celle qui permette le mieux de transcrire les visions rapportées. Ainsi l’on peut constater que les récits, les descriptions que Gérard de Nerval présente dans, Aurélia, comme l’écho de ses expériences nocturnes, coïncident parfaitement avec le savoir des initiés de tousles âges.
Un autre poète, René Daumal, reconnaît, pour l’avoir aussi parcourue, « la Ville mystérieuse » qu’avait décrite Nerval. A la fin des années trente, avec ses amis du Grand Jeu, Daumal avait voulu franchir « les limites de l’humanité à son stade actuel ». le dédoublement était l’une des expériences préconisées et pratiquées à cette fin. Ce qui permettait à l’auteur du Mont Analogued’affirmer : « Que la condition du double après la mort puisse être, dès cette vie, connue en partie, c’est pour moi à la foi une certitude métaphysique et un fait d’expérience. » (_Chaque fois que l’aube paraît, Gallimard, 1953)_. Afin de permettre à quiconque de tenter une vérification expérimentale de ses allégations, Daumal a raconté comment lui et ses amis sortaient de leur corps :
« C’est unmonde réel que celui où, il y a quelques années, je donnais des rendez-vous nocturne à un ami, Robert Meyrat. Nous n’avions pas besoin d’escalader la grille de la maison familiale pour nous échapper par les rues désertes d’une ville de province, et nous donner à des nuits entières de merveilleuses aventures. Voici le procédé que j’avais trouvé pour sortir de mon corps (j’ai appris depuis que lascience occulte le connaît de toute antiquité) : je me couchais le soir comme tout le monde, et, détendant tous mes muscles avec soin, vérifiant que chacun était bien complètement abandonné à lui même, je respirais longuement et profondément, sur un rythme régulier, jusqu’à ce que mon corps ne fût plus qu’une masse paralysée étrangère à moi même.
J’imaginais alors que je me levais et m’habillais,mais – et c’est pour ce point essentiel que je réclame de ceux qui veulent m’imiter un courage et une puissance d’attention peu ordinaire – j’imaginais chaque geste dans ses moindres détails et avec une telle exactitude que je devais me représenter l’action de chausser une espadrille dans le même temps précisément que j’aurais employer à la chausser dans la vie corporelle. J’avoue d’ailleurs...
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